Ancienne abbaye de Fontevraud, puis prison, actuellement centre culturel de rencontre (Centre culturel de l’Ouest), place des Plantagenêts, Fontevraud-l’Abbaye

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Historique

L’abbaye, de sa fondation à sa dissolution

L’abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel (vers 1045-1116). Ce prédicateur itinérant créa ici un ordre religieux original où une abbesse dirigeait un monastère double, composé de couvents de frères et de moniales. L’abbaye eut un destin hors du commun du fait du prestige de ses abbesses, issues de puissants lignages voire de sang royal. Après sa fondation, l’ordre reçoit rapidement de nombreux dons. À un premier oratoire modeste, vraisemblablement inachevé, succède dès le premier quart du XIIe siècle une grande abbatiale érigée en deux temps avec changement de parti pour la partie haute de la nef, achevée dans le deuxième quart de ce siècle. L’architecture, qui relève initialement, pour le choeur, des formules courantes du style roman du Val de Loire et de l’Anjou, puise alors, pour la nef, parmi des formules plus méridionales et d’influence aquitaine, inspirées notamment de la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême. Le complexe monastique s’organise tôt en plusieurs couvents. Le Grand-Moûtier, autour de l’abbatiale Notre-Dame, en est le coeur, accueillant initialement les vierges ; le prieuré des frères est Saint-Jean-de-l’Habit, à l’est du site ; le prieuré de La Madeleine ou Sainte-Marie-Madeleine, entre les deux, accueille à l’origine les filles repenties ; Saint-Lazare, au sud, est un prieuré destiné à la communauté chargée des soins aux malades. Auprès du Grand-Moûtier est élevée dès le XIIe siècle la petite église Saint-Benoît, qui est la chapelle funéraire de l’ensemble. Ces bâtiments, ainsi que les cuisines ou fumoirs du Grand-Moûtier, relèvent pour la plupart d’une architecture et d’une conception romanes. On note toutefois l’introduction d’éléments du gothique angevin à voûtes d’ogives bombées dans des formules précoces, notamment à Saint-Lazare et Saint-Benoît. À Saint-Jean-de-l’Habit, église dont il ne reste aucun élément en élévation, ce gothique angevin semble avoir été déjà plus élaboré au vu de l’iconographie conservée. Cette organisation en quatre couvents perdure jusqu’à la Révolution française, même si l’affectation initiale des couvents féminins change avec une organisation hiérarchique qui correspond rapidement à l’origine sociale des religieuses. Au cours des XIIe et XIIIe siècles, plusieurs bâtiments de dépendances ou relevant des offices liés à l’administration de l’abbaye sont construits au sein du complexe monastique, comme le Grand-Vendôme (accueil), la secrétainerie (logement des sacristains), la fannerie (fenil, grange), la graineterie (dépôt de grain), etc. L’abbaye eut tôt le soutien des comtes d’Anjou, puis des souverains Plantagenêt, recevant notamment des dons d’Henri II qui se traduisirent par plusieurs de ces réalisations architecturales. Aliénor d’Aquitaine y séjourna à diverses reprises. Lorsqu’Henri II meurt à Chinon, il est inhumé à Fontevraud. Cet acte fait de l’abbaye une nécropole dynastique et elle accueille les dépouilles de Richard Coeur de Lion, puis Aliénor et d’autres membres de la maison des Plantagenêt. L’ordre prospère et compte près d’une centaine de prieurés, en France, mais aussi en Angleterre et en Espagne. Au XIIIe siècle, l’Anjou passe au roi de France et l’abbaye perd une partie de ses soutiens. À la fin du siècle, le nombre de religieuses est limité par le pape Boniface VIII à 300. Aux XIVe et XVe siècles, malgré des abbesses de haut lignage, l’abbaye perd de son importance, ses ressources chutent et le nombre de frères et de moniales ne cesse de décroître. Des bandes armées traversent le village à plusieurs reprises, notamment en 1362 où l’on mentionne de graves exactions. La règle est moins suivie, les bâtiments se dégradent. Le prieuré de Saint-Jean-de-l’Habit, en très mauvais état, est restauré dès le milieu du XVe siècle. En 1458, l’abbesse Marie de Bretagne (1457-1477) entreprend la réforme spirituelle de l’ordre, mais sans parvenir à l’imposer à l’abbaye-mère. C’est Renée de Bourbon (1491-1534) qui mène la réforme à bien à Fontevraud et qui entreprend le redressement du complexe monastique, obtenant pour ce faire un arrêt du Parlement de Paris en 1503. Ce redressement moral s’accompagne d’un renouveau de l’ordre qui accueille à nouveau de nombreuses religieuses. L’un des grands chantiers de l’abbesse est la réfection de la clôture, qu’elle fait réédifier dès 1504. Renée de Bourbon mène parallèlement des réparations à l’abbatiale (partie haute de la façade occidentale ; portail flamboyant au nord) et surtout, engage la rénovation du cloître et des bâtiments qui l’entourent, tout en s’inscrivant dans la géométrie du cloître roman dont des éléments sont conservés en élévation. Sous son abbatiat sont ainsi repris le réfectoire et la galerie sud du cloître (le devis de 1519 en est conservé). Ces travaux, lancés à la fin du XVe siècle et qui se prolongent dans le premier quart du XVIe siècle, sont d’abord exécutés en un style gothique flamboyant, avant que ne soient introduits des éléments qui puisent au vocabulaire italianisant de la Première Renaissance. Ces travaux sont poursuivis sous l’abbatiat de Louise de Bourbon (1534-1575) qui lui succède et fait construire les autres ailes du cloître, dans un style relevant de la Seconde Renaissance, ainsi que l’escalier d’apparat (1542-1546) qui mène du cloître au dortoir des religieuses. La salle du chapitre est également refaite, en 1541-1543, et le peintre angevin Thomas Pot en orne les murs, en 1563-1567, de scènes liées au cycle de la Passion du Christ et à la mort de la Vierge, où prend aussi place, en une sorte de frise dynastique, un ensemble de portraits en pied de religieuses réformatrices de la maison de Bourbon. L’abbesse fait par ailleurs édifier sa propre résidence, à l’écart du logement collectif des religieuses du Grand-Moûtier. D’autres bâtiments sont également construits au sein de l’ensemble monastique dans les deux premiers tiers du XVIe siècle (pigeonnier, dépendances, etc.), mais le complexe monastique est aussi marqué par les destructions dues à l’inondation catastrophique de 1558 qui ravage le secteur de Saint-Lazare et des infirmeries. Par crainte de l’épidémie de peste qui sévit dans la région dans la seconde moitié des années 1570, l’abbesse Éléonore de Bourbon (1575-1611) fait construire en 1578 un petit logement où se réfugier dans le clos de vigne situé à proximité de son logis abbatial, de l’autre côté du chemin creux qui borde la clôture. Un pont de bois est construit dans le même temps (puis refait en pierre en 1580), par-dessus la route, pour donner depuis l’abbaye un accès direct à ce logis qui bientôt est surnommé le Petit Bourbon, de même que ce clos de la Vignerie, qu’elle fait dès lors entourer de hauts murs, devient le Clos Bourbon. Cette même année 1580 voit aussi commencer le chantier de reconstruction des Grandes infirmeries de la cour Saint-Benoît. En 1589-1591, une chapelle, Notre-Dame-de-Liesse, est édifiée dans le Clos Bourbon. Au XVIIe siècle, les travaux n’ont pas une ampleur comparable, mais ils affectent tout de même fortement les prieurés et les aménagements liturgiques des églises. Dans les années 1610-1640, l’abbatiale connaît d’importantes transformations avec l’adaptation des liturgies post-tridentines qui se traduit par de nouveaux autels et retables architecturés (dont celui du maître-autel réalisé par le retablier manceau Gervais Delabarre en 1621-1623), mais aussi du fait du renouvellement de monuments funéraires (gisant de Robert d’Arbrissel, cimetière des rois et caveau des abbesses). Au cours de la même période, l’église Saint-Jean-de-l’Habit connaît aussi des transformations similaires. De nouveaux bâtiments sont également édifiés dans la première moitié du XVIIe siècle, dont une grande aile élevée à la secrétainerie. Vers 1676-1680, Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart de Mortemart fait édifier une galerie qui lui permet d’accéder de plain-pied de son palais abbatial au pont menant au Clos-Bourbon. En 1684-1685, elle fait prolonger le dortoir du Grand-Moûtier d’un noviciat. C’est sous son abbatiat qu’à l’ouest du Clos-Bourbon sa soeur, Françoise-Athénaïs, marquise de Montespan, fait construire l’Hôpital de la Sainte-Famille, vite démembré au début du XVIIIe siècle. Vers 1710-1715, l’itinéraire ancien qui mène depuis le nord à la Cour-du-dehors est détourné par le pont de la Boucherie et la rue Rochechouart pour réduire le flux routier à travers les dépendances de l’abbaye et mieux desservir le bourg. C’est progressivement, entre le XVIIe et le début du XVIIIe, qu’est mise en place une nouvelle clôture (ou « Petite clôture »), constituée de manière hétéroclite et plus basse que celle de Renée de Bourbon, qui, augmentant cette dernière, enserre dans un ensemble plus vaste toutes les dépendances de l’abbaye, notamment au nord, entre Saint-Jean-de-l’Habit et la rue Rochechouart. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, l’abbaye connaît de nouveaux chantiers : réfection du cloître de Saint-Lazare et des bâtiments qui l’entourent, prolongement sud-ouest de la galerie des infirmeries de la cour Saint-Benoît, prolongement du palais abbatial par une aile nord-ouest qui aboutit à un second pont couvert donnant accès au Clos-Bourbon. Cette période est surtout marquée par les travaux suscités par la présence à l’abbaye des quatre plus jeunes filles de Louis XV, Mesdames de France, et qui se traduisent par l’édification, sous la houlette de l’architecte Jean Aubert, d’un long développement de l’aile ouest du palais abbatial qui enjambe la rue descendant à l’Ânerie pour se prolonger dans le Clos-Bourbon. La construction de ce Logis Bourbon est assortie du couvrement d’un tronçon de cette rue par une longue voûte qui forme ainsi une continuité entre les jardins du palais abbatial et le parc de Bourbon. La seconde moitié du XVIIIe siècle est marquée par d’importants travaux conduits par l’abbesse Julie-Sophie-Gillette de Pardailhan d’Antin (1765-1792) dans le secteur de la Cour-du-dehors, avec réfection de la Grande-Porte de l’abbaye, la reconstruction de la Fannerie, déplacée vers le nord ou encore la création d’un moulin à manège mû par des chevaux.

La Révolution : l’abbaye devient maison de détention

L’abbaye n’échappa pas au sort des établissements monastiques lors de la Révolution : l’ordre fut dissout, les religieuses et religieux furent chassés. Les bâtiments, saisis comme biens nationaux, connurent aussi pillage et saccage. L’ensemble du complexe monastique fut divisé en dix-neuf lots et mis en vente publique. Plusieurs d’entre eux passent alors en mains privées. L’église Saint-Jean-de-l’Habit est ainsi cédée à un maçon qui la démolit pour en vendre les matériaux de construction. La voûte qui couvrait la rue descendant à l’Ânerie est détruite en 1796 et la longue aile du palais de l’abbesse est tronquée, le Logis Bourbon et le Clos Bourbon formant une propriété individuelle. Tous les bâtiments et dépendances situés au nord de la Cour-du-dehors sont cédés à des particuliers, à l’exception de la Fannerie. La question des bâtiments principaux, les couvents féminins, trop vastes pour trouver acquéreur, se posa à l’administration publique. Pour occuper les lieux et rendre au village un pôle actif, divers projets de réaffectation furent envisagés, comme un hôpital général ou une fabrique de voiles en toile de chanvre. En attendant de statuer sur son devenir, le site fut baillé à un salpêtrier qui loin de s’en tenir aux murs qu’on lui désignait jeta à terre nombre de bâtiments de qualité. Le décret napoléonien adopté le 26 vendémiaire an XIII (18 octobre 1804) affecte les locaux de l’ancienne abbaye à un établissement central destiné à accueillir les détenus de plusieurs départements du Val de Loire et de la France de l’Ouest. De longs travaux sont alors engagés pour transformer les bâtiments en pénitencier, réalisés dans un premier temps par l’entrepreneur Alexandre Jean-Baptiste Cailleau sous la conduite de l’ingénieur Charles-Marie Normand qui avait été chargé, en amont, d’établir la faisabilité d’un tel projet. Celui-ci, animé d’un esprit mêlant raideur et humanisme, veut concevoir dans le cadre contraint de l’abbaye un établissement sécurisé, mais qui puisse offrir des conditions propres à permettre aux détenus d’effectuer leur réinsertion, voire leur rédemption. La clôture monastique est adaptée et une enceinte intérieure supplémentaire est édifiée. L’inauguration officielle de la prison a lieu le 3 août 1814, sans que les travaux ne soient achevés. Normand est relevé de ses fonctions en 1816 après avoir vu progressivement dériver son projet. Les travaux ne cessent d’ailleurs pas pour autant et l’histoire de la maison centrale est celle d’un chantier permanent. Dans un premier temps, l’essentiel des efforts de Normand consiste en une adaptation à moindres frais des bâtiments existants, allant toutefois jusqu’à une utilisation optimale des espaces. Il réaffecte ainsi la salle du chapitre en cellier, le réfectoire en ateliers, les dortoirs sont divisés en cellules, le volume de la nef est divisé en sa hauteur pour former ateliers et dortoirs, mais le choeur et le transept de l’abbatiale sont isolés pour devenir la chapelle des détenus. Outre le Grand-Moûtier, les autres bâtiments conservés par l’administration sont aussi utilisés pour la prison, souvent en leur conservant des destinations qui ne sont pas sans évoquer l’histoire des lieux : le palais abbatial sert à l’administration et au logement du directeur, Saint-Lazare devient l’hôpital et l’on fait une buanderie de La Madeleine et de ses lavoirs. Les destructions sont donc évitées et se limitent pour l’essentiel aux bâtiments trop endommagés par l’activité du salpêtrier ou aux bâtiments mineurs du site. Pour faire du Grand-Moûtier le coeur du pénitencier, l’architecte l’entoure des deux murs d’un chemin de ronde puis isole son enceinte par une nouvelle rue percée en démolissant une partie des anciennes dépendances monastiques situées au nord de la Cour-du-dehors, tout juste cédées nationalement et qu’il fallut au préalable racheter par expropriation. Ailleurs, l’architecte s’appuie principalement sur les murs de la Grande clôture, qu’il conserve voire conforte. D’une manière générale, si des bâtiments notables sont ainsi détruits (parmi lesquels l’église de La Madeleine ou l’ensemble formé autour du Grand Vendôme, voire la Grèneterie qui s’effondra en 1859 sous le poids des marchandises qu’y stockait l’administration pénitentiaire), les éléments principaux de l’abbaye sont préservés. À Normand succède l’architecte Durand qui installe en 1819-1823 des dortoirs dans le comble de l’abbatiale, occasionnant la destruction des coupoles. Une fois le plan d’ensemble réalisé, des constructions complémentaires s’ajoutent au fil du XIXe et de la première moitié du XXe siècles. Prévue initialement pour quelques centaines de détenus, puis 1000 à 1200, dans les premiers temps, la prison abrite sans compter les nombreux gardiens près de 1800 prisonniers au milieu du XIXe siècle. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le nombre de détenu décroît progressivement et ils ne sont qu’environ 200 vers 1960. À cette ville carcérale à géométrie intérieure variable, qui accueillit aussi des femmes jusqu’en 1850 et des enfants jusqu’en 1860, ce qui augmentait les partitionnements, il faut donc régulièrement de nouveaux bâtiments, dortoirs, ateliers ou locaux techniques, des réorganisations des cheminements, mais aussi de nouveaux types de lieux de détention. Parmi les plus notables d’entre eux ou ceux qui furent conservés, on peut mentionner l’aile qui prolonge l’hôpital de Saint-Lazare (années 1820), la caserne construite en bordure de la place d’armes (1828), le quartier cellulaire d’isolement à organisation panoptique (1862) ou encore la filature (1930-1932). Malgré son affectation comme maison centrale de détention, la première liste dressée par Prosper Mérimée en 1840 hisse l’abbaye de Fontevraud au rang de monuments historiques. De premières restaurations, ponctuelles, sont conduites dès 1841 par l’architecte Besnard. Entre 1858 et 1870, le directeur de la prison, Jean-Joseph Christaud, lance de nouvelles restaurations utilisant une main-d’oeuvre composée de détenus qu’il sélectionne pour leurs savoir-faire, notamment des sculpteurs. À partir du début du XXe siècle, les restaurations sont l’objet d’un suivi plus important et sont placées entre les mains de professionnels. L’architecte Lucien Magne, assisté de René Hardion, est chargé dès 1902 de restaurer les cuisines, qu’il modifie en fait assez nettement, et de la nef de l’abbatiale, qu’il dégage des niveaux de plancher qui la divisaient. À la suite de ces travaux, de premières visites organisées sont mises en place dans l’Entre-deux-guerres, avec un parcours limité aux éléments majeurs du Grand-Moûtier désormais ouverts, sous contrôle, au tourisme : l’abbatiale, les deux cloîtres, la salle du chapitre, la chapelle Saint-Benoît et les gisants ; suspendues durant la Seconde Guerre mondiale, elles reprennent à la Libération. En 1958, l’hôpital, à Saint-Lazare, devenu en large partie obsolète, est désaffecté et en 1960 l’architecte Bernard Vitry sous le regard de l’administration des monuments historiques, en la personne d’Henri Enguehard, en entreprend la restauration.

La fermeture de la maison centrale de détention et la réhabilitation du site en centre culturel

En 1963, la maison centrale de détention de Fontevraud ferme ses portes. Afin d’organiser au mieux la transition, cependant, demeure sur place un petit effectif de gardiens qui encadrent quelques dizaines de détenus, prisonniers en fin de peine. Ceux-ci participent aux travaux de démolition et de réhabilitation de l’ancienne abbaye-prison pour sa nouvelle affectation. Devenus propriétés du ministère de la Culture, les bâtiments doivent en effet retrouver leur configuration d’abbaye, antérieure à la Révolution, et devenir un site touristique. Les partis pris de restauration privilégient donc le choix de détruire les bâtiments et éléments adventices construits aux XIXe et XXe siècles, sauf quelques exceptions notables pour leur qualité d’édifice d’accompagnement. En très peu d’années, l’essentiel des bâtiments carcéraux sont ainsi gommés du paysage. Parallèlement, de lourdes restaurations commencent pour rendre son lustre à l’abbaye, qui avait durant plus d’un siècle et demi souffert d’un certain manque d’entretien et d’attention, mais avait aussi subi une réhabilitation à marche forcée voire brutale (arrachements des maçonneries, des huisseries et des barreaudages après 1963). Le site est depuis lors un chantier continu. L’abbaye ainsi restituée dans son allure de la fin du XVIIIe siècle est très largement ouverte à la visite. Il est décidé de faire du site un centre culturel de rencontre : en 1975 est fondé le Centre culturel de l’Ouest qui, depuis, en assure l’animation. Dans ce cadre, une hôtellerie prend place au début des années 1980 dans l’ancien prieuré Saint-Lazare. En 1985, la prison ferme définitivement et les derniers détenus quittent le quartier de l’ancien prieuré de La Madeleine où s’était retranchée l’administration pénitentiaire. Les bâtiments d’époque carcérale qui s’y trouvent sont pour l’essentiel conservés (contrairement à ce qui s’était passé ailleurs après 1963), principalement du fait de leur utilisation comme dépôt lapidaire. En 1992-1994, la caserne (érigée en 1828) qui barrait l’ancienne Cour-du-dehors est transformée en bâtiment d’accueil de ce qui devient la nouvelle « Abbaye royale de Fontevraud ». En 2005 fut apposée une plaque commémorative dans l’abbaye rappelant que la prison fut un lieu de détention et de mise à mort de Résistants durant la Seconde Guerre mondiale. En dehors des travaux de restauration, plusieurs aménagements récents peuvent être signalés, comme l’installation d’une chaufferie à bois dans l’ancien site de la filature en 2013 ou le remaniement de l’hôtellerie Saint-Lazare en 2014.

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Description

 

1. Le site

Le complexe monastique de Fontevraud a été fondé en un site de pente et de fond de vallon où convergent plusieurs petits affluents de l’Arceau. Cette implantation est dominée à l’est d’un petit relief relativement escarpé et déjà boisé lorsque Robert d’Arbrissel s’y établit, mais elle ouvre aussi sur des clairières qui furent tôt mises en valeur (et déjà exploitées avant le XIIe siècle).

La disposition des bâtiments montre qu’afin d’échapper aux risques de débordement des ruisseaux, furent dès l’origine réalisés des travaux de terrassement, excavations ou remblais. De même, divers éléments encore visibles ou révélés par l’archéologie attestent de la précoce mise en place d’un système hydraulique (plusieurs fois remanié) de captage et d’évacuation des eaux pour répondre aux besoins de la communauté.

Le site de l’actuel Abbaye royale de Fontevraud ne correspond qu’au coeur de l’ancien ensemble monastique, autrefois bien plus vaste et dont ont été distraits, surtout au nord et à l’est, des parcelle qui correspondaient à des jardins, terres exploitées (Bas-Jardin au nord, Clos-Saint-Lazare à l’est), mais aussi des dépendances, bâtiments consacrés à des activités de stockage ou de production ou logements de convers, d’officiers et de serviteurs liés au fonctionnement de l’abbaye. Les murs de clôture de ces espaces sont encore nettement perceptibles dans le paysage, souvent conservés comme limites parcellaires (rue de la Boucherie ou terres du Courty). Par ailleurs, le couvent des frères de Saint-Jean-de-l’Habit, qui occupait la partie est du site, en rive droite des ruisseaux, hors de la Grande clôture encore en place, fut détruit au début du XIXe siècle : il n’en reste que les vestiges, parfois impressionnants et malheureusement peu préservés, de quelques-uns de ses murs d’enceinte ou de cloisonnements intérieurs (dans la proche forêt ou en partie conservés dans le mur de clôture du cimetière actuel), ainsi que des abris troglodytiques liés au stockage. De même, le site du Clos-Bourbon, aujourd’hui à nouveau rattaché à la gestion de l’Abbaye, en a été dissocié physiquement depuis la fin du XVIIIe siècle et n’est pas clairement identifiable comme ayant relevé de la Grande clôture de la fin du XVIe siècle à la Révolution. Au-delà des éléments architecturaux (Logis Bourbon, vestiges du Gros-Pavillon de Mme de Montespan, murs d’enceinte) ou archéologiques (notamment les vestiges de la chapelle Notre-Dame-de-Liesse), qui se situent dans le clos lui-même, on ne distingue que très ponctuellement les traces de l’arrachement de la voûte et des ponts qui reliaient ce parc aux jardins et aux éléments du palais abbatial.

2. L’Abbaye royale de Fontevraud

Dans sa configuration actuelle, l’abbaye de Fontevraud (hors Clos-Bourbon) se compose d’un ensemble principal, l’ancien couvent du Grand-Moûtier, de deux anciens prieurés, l’un au nord-est, Sainte-Marie-Madeleine (ou la Madeleine), l’autre, au sud-est, Saint-Lazare, ainsi que d’un ensemble de bâtiments d’époque monastique ou pénitentiaire, à l’ouest. Le tout, jardins et bâtiments, forme un complexe de près de 8 hectares, entouré d’une imposante clôture.

Les clôtures et les portes

Le mur d’enceinte qui enserre aujourd’hui l’abbaye hérite de la période pénitentiaire, mais comme la prison prit naturellement place dans le cadre de la Grande clôture monastique, une grande partie du tracé de celle-ci est encore conservée, notamment au nord-est, à l’est, au sud et au sud-ouest. Les murs sont ici essentiellement ceux du XVIe siècle, construits avec un parement en moyen appareil de tuffeau. Un mémoire des travaux, de 1504, renseigne sur ce mur haut de 6 mètres par près d’1 mètre d’épaisseur, édifié sur 1,3 kilomètre de long. On observe toutefois de très nombreuses reprises et réparations qui datent pour l’essentiel du début XIXe siècle, notamment en ce qui concerne les assises supérieures des murs. Au sud-ouest, où l’enceinte borde le cours du ruisseau de la Luzerne, on note également des reprises en pied de mur extérieur ainsi qu’une forte érosion des pierres de tuffeau. À l’est, dans le secteur de la Madeleine, c’est sans doute la destruction des assises supérieures de tout un tronçon, qui nécessita la réfection des parties hautes en moellons, sans doute lors des travaux d’aménagement de la prison. Au nord, entre la Fannerie et la Madeleine, le mur correspond à l’enceinte extérieure du chemin de ronde mis en place vers 1808-1814 : il est ici intégralement en moellons de tuffeau, parfois raidi de contreforts en moyen appareil. À l’ouest, entre la place des Plantagenêts et l’aplomb de la galerie (le long de l’actuelle rue du Logis-Bourbon), les assises hautes sont en moyen appareil, mais on note la présence d’un haut solin en moellons de roche dure (ou « perrons ») et de jambes de calcaire dur ; ce mur vient ici remplacer ponctuellement des pans de la clôture ancienne, mais aussi fermer l’enclos après la destruction de la voûte et des ponts qui mettaient en communication directe les jardins et des bâtiments du palais abbatial avec le Clos-Bourbon. Ces murs, de l’abbaye ou de la prison, étaient percés de portes, peu nombreuses et souvent imposantes. La Grande-porte, à l’ouest, ouvrant sur la place des Plantagenêts et sur le bourg, occupe un emplacement attesté déjà dans les derniers siècles du Moyen Âge. Il s’agit de la porte ouest de la clôture simple qui enserrait bâtiments monastiques et ensembles de dépendances du complexe abbatial. Elle fut sans doute plusieurs fois remaniée et se présente aujourd’hui sous l’aspect qui lui est donné lors de sa reconstruction, dans les années qui précèdent la Révolution. C’est un pavillon de style néo-classique en moyen appareil de tuffeau, comprenant en partie haute le logement du portier et dont la travée axiale, qui accueille un haut passage couvert, est mise en valeur par un arc plein-cintre encadré de pilastres portant un entablement et se poursuivant plus haut par des bossages en table qui supportent un fronton triangulaire. Le toit, en pavillon, est couvert d’ardoise. Elle précédait la Cour-du-dehors, ancienne rue intérieure qui distribuait les couvents et les dépendances de l’abbaye et qui était fermée d’une autre porte, au nord-est, détruite peu avant 1638 (porte d’Alençon). Ces deux portes, gardées et soumises à des horaires d’ouverture diurne, barraient ainsi une voie secondaire de Montsoreau à Fontevraud (détournée au nord du site au début du XVIIIe siècle). La Porte-d’En-bas donnait accès aux couvents féminins eux-mêmes. Érigée immédiatement au nord de l’abbatiale, c’était le seul accès par une chaussée aux espaces abrités par Grande clôture, qu’elle mettait en communication avec la Cour-du-dehors. Cette porte, préservée par les architectes de la maison centrale de détention, est élevée dans le même temps que la Grande clôture, peu après 1504, en moyen appareil de tuffeau. Elle est de style flamboyant, et présente une ornementation développée en façade extérieure, avec une accolade élancée à crochets feuillés et encadrée de pinacles, motif répété dans les niches des écoinçons. De ce même côté, au niveau de l’arc, de part et d’autre de la porte, se trouvaient deux lions sculptés, figures apotropaïques maintenant symboliquement le mal à distance des religieuses. Le bas du corps de l’un d’eux est encore visible, à droite, mais le second, à gauche manque, sans doute brisé lors de la Révolution : un fragment en a été identifié au cours de cette étude, en façade d’une maison du sud du village (93, rue des Potiers, voir notice). La porte de la seconde enceinte de l’époque pénitentiaire (la première est la Grande-porte), est visible entre les anciens bâtiments du corps de garde et du greffe (au sud de l’actuel accueil de l’abbaye). Construite vers 1828, elle est constituée d’une grande porte cochère couverte d’un arc en plein-cintre à claveaux à bossages en table et est encadrée de deux petites portes piétonnes. La porte de la troisième enceinte de l’époque pénitentiaire était la seule entrée de la prison stricto sensu dans les plans de l’architecte Charles-Marie Normand qui conçoit la maison de détention en 1804-1816. Il réalise une porte à deux vantaux, mais relativement étroite, encadrée de colonnes à bossages en table un-sur-deux, inspirées vraisemblablement des formules chères à Claude-Nicolas Ledoux. Ce n’est que plus tard, vers 1835-1850, que vient la flanquer au nord (à gauche) une première petite guérite aux encadrements à bossages en pointe-de-diamant et plus tard encore, certainement dans le dernier quart du XIXe siècle qu’une seconde est construite à l’identique du côté sud de la porte (à droite). L’ensemble formé par la porte et les deux guérites qui l’encadrent, très bien harmonisées malgré une construction en plusieurs temps, constitue l’un des éléments les plus élégants qui demeurent de l’ancienne prison. Le Grand-Moûtier

Le Grand-Moûtier est constitué de l’abbatiale et des bâtiments où se déroulait la vie conventuelle des religieuses de choeur, autour du grand cloître. À l’ouest, un ensemble annexe le prolonge, formé autour de la chapelle Saint-Benoît, qui faisait fonction de chapelle funéraire, et de la cour qui la borde au sud, formant une sorte de second cloître fermé d’un bâtiment qui accueille les infirmeries, à l’ouest. L’abbatiale

L’édifice

L’abbatiale Notre-Dame succède sans doute avant 1110 à un premier oratoire érigé par la communauté naissante et vraisemblablement inachevé (mis au jour lors de fouilles archéologiques en 1993-1994). Le plan de l’abbatiale, longue de près de 85 mètres, est conçu d’un trait et le chevet et le transept, ainsi que toute la partie basse de la nef, jusqu’à la façade occidentale, sont terminés vers 1120. Le choeur est doté d’un déambulatoire à trois absidioles rayonnantes et les bras du transept comptent chacun une chapelle orientée de plan semi-circulaire. Cette composition donne au chevet une forte gradation ascensionnelle. Selon un principe que l’on retrouve ailleurs en val de Loire au début du XIIe siècle, s’y manifeste un certain effacement des parois : la présence des murs est ainsi atténuée par l’accent mis sur les vides (hautes arcades à fines colonnes, arcs surhaussés et grandes baies), mais aussi par le jeu des arcatures aveugles et des niches. Une telle recherche plastique anime aussi bien l’intérieur que l’extérieur et caractérise tant le choeur que le chevet. La sculpture est ici assez peu présente : les chapiteaux se limitent à des feuilles lisses, voire à de sobres corbeilles géométriques. Les continuités verticales sont fortes et donnent à l’ensemble formé par le choeur et le transept un bel élancement. Si l’essentiel du bâtiment est en appareil de tuffeau, les très hautes colonnes du déambulatoire et les piliers de la croisée sont érigés en un calcaire coquillier plus résistant à la compression et proviennent de carrières situées en limite ouest de Fontevraud-l’Abbaye, dans le secteur des Perrières-l’Abbesse. La césure est nette avec la nef, dont les parties hautes et l’habillage intérieur sont réalisés dans le second quart du XIIe siècle et témoignent d’un changement de parti majeur, alors même que l’élévation en était déjà très avancée. Une porte romane, au nord, dite « porte papale » pourrait d’ailleurs dater du programme initial de la nef. La question du couvrement de ce vaisseau unique se posa alors sans doute, du fait de sa largeur, et il est très probable que dans un premier temps on ait penché pour une simple charpente. Ce sont sans doute les liens entretenus avec l’évêque d’Angoulême, Girard II, qui orientent les constructeurs vers le choix très méridional d’une file de coupoles et d’un traitement architectural et ornemental de la nef inspiré de la cathédrale Saint-Pierre que cet évêque est en train de faire construire. Les coupoles sur pendentifs reposent sur de puissants piliers, construits en légère avancée par rapport aux murs de la nef afin d’en rétrécir la portée et qui scandent la progression dans l’édifice. Par leur composition claire et rythmée, les chapiteaux qui ornent les arcatures de la nef relèvent de modèles angevins, mais ceux qui décorent en frise les piliers à grandes colonnes engagées puisent dans un répertoire de motifs plus exubérants, d’influence surtout angoumoise. Si la plupart d’entre eux sont ornés de foisonnants rinceaux habités, quelques-uns sont historiés. Se distingue en particulier, sur la pile sud qui sépare les deux premières coupoles, la frise consacrée à la mort de la Vierge, thème important de la spiritualité fontevriste. Là tout est rythme, opposition et convergence. Le cortège funèbre des Apôtres, éplorés, s’articule sur deux faces affrontées. Puis, au mouvement descendant de la mise au tombeau de la Vierge répond l’élévation de son Assomption où elle apparaît couronnée. Cette même figure résonne enfin, par le jeu des mandorles, avec celle du Christ en majesté qui l’accueille. L’abbatiale est achevée sans doute avant 1150 et sa structure n’est pas modifiée par la suite, à l’exception de la réalisation du clocher gothique (terminé au milieu du XIIIe siècle) et de la réfection du haut du pignon de la façade principale (repris en style flamboyant à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle). Dans ce même style est également édifié, vraisemblablement aussi vers 1500, le portail de l’avant corps flanquant le transept, au nord de la nef, avec porte à pilier central à couvrements en arc segmentaires et décor d’accolades élancées, de crochets gothiques et de remplages à mouchettes, qui correspond à l’accès réservé aux frères de Saint-Jean-de-l’Habit chargés de célébrer les offices dans les choeurs de l’abbatiale et de la chapelle Saint-Benoît. Le décor, les gisants Outre la sculpture monumentale, il ne reste que peu d’éléments du décor intérieur de l’abbatial, détruit ou dispersé durant la Révolution et lors de l’aménagement de la prison. Il devait être déjà notable à l’époque médiévale : on en conserve quelques fragments de peinture murale et l’on estime que c’est dans l’abbatiale que prenait place le Jugement dernier sculpté dont des éléments furent mis au jour lors de fouilles archéologiques en 1984. Toutefois, la plupart de ces éléments furent détruits au fil du temps lors de renouvellements, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, où le décor fut particulièrement fastueux, composé de nombreux autels et retables architecturés (certains ont été déplacés dans l’église paroissiale de Fontevraud-l’Abbaye) ornés de sculptures, mais aussi de longs alignements de stalles et lambris de bois et de clôtures de ferronnerie. Seuls demeurent en place le décor architectural du XVIIe siècle qui entourait l’autel de la chapelle du bras nord du transept et, déplacés, des éléments de clôture de pierre disposés dans le déambulatoire. Dans la nef de l’abbatiale, où ils occupent une position désormais centrale après avoir été déplacés à de multiples reprises dans le Grand-Moûtier, l’on peut enfin admirer quatre gisants de membres de la maison Plantagenêt : ceux du roi Henri II d’Angleterre (1133-1189), de son épouse Aliénor d’Aquitaine (vers 1122-1204), de leur fils le roi Richard Coeur de Lion (1157-1199), et de leur bru Isabelle d’Angoulême (vers 1188-1246), épouse de Jean Sans Terre. Les trois premiers de ces gisants, sculptés dans un tuffeau local, témoignent d’un style qui émerge vers 1200, époque de leur réalisation, où l’attention se tourne vers le corps, étroitement souligné de drapés souples. Le quatrième, réalisé au milieu du XIIIe siècle, est en bois et montre une évolution plus affirmée vers ces tendances stylistiques. Ces gisants furent tous assez lourdement restaurés au XIXe siècle, avec réfection de certains éléments et nouvelle polychromie. Le cloître et les bâtiments adjacents Le cloître du Grand-Moûtier est situé au sud de l’abbatiale. Dans son état actuel, il résulte pour l’essentiel de remaniements du XVIe siècle, mais il reprend les dimensions du cloître roman, qui était très vaste (56 x 59 mètres). Les cuisines

Parmi les bâtiments du premier couvent qui environnaient ce cloître sont conservées les cuisines médiévales qui, vraisemblablement servaient aussi de fumoir. Construit dans au XIIe siècle à l’ouest de ce qui devait déjà être le réfectoire, cet édifice a depuis longtemps perdu son usage, au point qu’au XIXe siècle son identification était incertaine. Certains y voyaient une tour qui, avant que n’arrive Robert d’Arbrissel, aurait servi au légendaire bandit Évrault pour, tel un fanal, attirer les voyageurs et les déposséder. D’autres pensèrent qu’il s’agissait de la nécropole royale des Plantagenêt qui devait accueillir leurs gisants. On s’accorde désormais à y reconnaître un bâtiment lié à la préparation des aliments. Il s’agit d’un édifice de plan centré, constitué en partie haute d’une flèche pyramidale en tas de charge, dont la partie basse est d’absidioles semi-circulaires séparées par des colonnes engagées. L’agrandissement du réfectoire à l’est et l’aménagement d’une porte au sud-est se traduisirent par la destruction de trois des huit absidioles initiales, n’en laissant aujourd’hui que cinq. Le plan du bâtiment est de conception très géométrique : du haut vers le bas, la structure est ainsi marquée par l’inscription successive d’un octogone (la flèche), dans un carré (la travée principale), lui-même inscrit dans un octogone (duquel rayonnent les absidioles). Cette succession se fait à l’intérieur par le jeu d’une gradation d’arcs légèrement brisés, portés par de puissants piliers à colonnes engagées dotées de chapiteaux à feuilles lisses ou volutes. Les couvrements voûtés sont à extrados en couverture et orné extérieurement d’un décor en écailles. Des cheminées amortissent la flèche, les absidioles et leurs articulations. Il est à noter que les souches de ces cheminées (à part celle sommitale qui existait encore) et le décor d’écailles furent restitués à partir de vestiges attestés lors des restaurations conduites au début du XXe siècle par Lucien Magne, qui modifia aussi la couverture des absidioles, leur donnant une forme conique. L’ensemble est donc conçu comme un immense conduit de cheminée, avec de nombreuses prises d’air latérales et un cône central d’évacuation des fumées. Cette configuration, conjuguée à l’absence d’un autre site où prendraient place les activités culinaires, permet de penser que la destination de cet édifice pouvait être double, servant à la fois de cuisines (avec de larges espaces de travail) et de fumoir (pour réaliser les fumaisons nécessaires à la bonne conservation de la viande et surtout du poisson que devaient consommer les religieuses). Le réfectoire Des éléments du réfectoire médiéval sont conservés en élévation (comme la porte du XIIe siècle qui ouvre dans la galerie du cloître), mais il fut très largement reconstruit vers 1515-1520, par Renée de Bourbon, en une longue et haute salle couverte de grandes voûtes d’ogives bombées. La large portée de celles-ci rendit nécessaire l’édification des puissants contreforts de la façade sud. En façade septentrionale, leur contrebutement est assuré par la galerie sud du cloître où une galerie haute (ajout d’époque pénitentiaire) dissimule des arcs-boutants, retombant eux-mêmes sur d’imposantes culées qui rythment ici l’élévation du cloître. Au-dessus de ce nouveau réfectoire, l’étage de comble sous charpente lambrissée abrite un dortoir. Les galeries du cloître Dans le temps même où est reconstruit le réfectoire, cette galerie sud est donc refaite, première étape de la rénovation de l’ensemble du cloître. Construite à partir de 1519 en style gothique flamboyant (couvrement, remplage des baies), la galerie sud intègre des motifs relevant de la Première Renaissance, d’influence italienne, à travers les pilastres à disques fleuronnés qui séparent les deux arcades comprises entre chaque culée. Les autres galeries sont reconstruites sous l’abbatiat de Louise de Bourbon (1534-1575). À l’ouest et à l’est, elles sont sans doute achevées au milieu du XVIe siècle et au nord, en 1561. Toutes trois sont harmonisées par un même traitement, avec un couvrement encore flamboyant, mais des arcades caractéristiques d’une Seconde Renaissance nourrie d’emprunts antiques et qui propose aussi des formules originales et maniéristes, comme des colonnes jumelées couvertes d’un même chapiteau ionique. Au nord, on note contre le mur de l’abbatiale un alignement de niches caractéristiques de ce style antiquisant, avec couvrement en étroit berceau plein-cintre à caissons et encadrement de pilastres cannelés portant un entablement à frise de triglyphes et métopes couronné d’un fronton triangulaire (un seul est curviligne). La salle du chapitre La galerie orientale du cloître longe une aile remaniée dans le second quart du XVIe siècle. Au rez-de-chaussée, la galerie distribue plusieurs salles dont celle du chapitre, dont l’entrée est matérialisée par un grand portail (date portée : 1543) aux voussures et piédroits couverts de reliefs sculptés et caractéristique d’une tendance à l’ornementation foisonnante que développe alors la Renaissance française. De chaque côté de la porte, deux petites baies géminées sont tout aussi ornées, avec notamment un couvrement en berceau avec caissons décorés de bas-reliefs (date portée : 1541). L’iconographie de ces ensembles est principalement consacrée à la Passion, mais comporte aussi une multitude de motifs macabres et grotesques, ainsi que des putti, anges, saints et religieuses ou encore initiales (L de Louise, F de François Ier) qui alternent avec rinceaux, guirlandes et décors architecturaux. La salle du chapitre elle-même est constituée de deux vaisseaux de trois travées couvertes de voûtes. Celles-ci retombent au centre sur deux fines colonnes et contre les murs sur des culots ; les formerets plein-cintre délimitent des tympans semi-circulaires, ornés de dix grandes peintures réalisées vers 1563-1567 par l’artiste angevin Thomas Pot et plusieurs fois reprises et restaurées depuis. L’ensemble constitue un cycle consacré à la Passion du Christ, complété de la Pentecôte et d’une ultime scène mêlant la Dormition et l’Assomption de la Vierge. En partie basse de ces peintures, Louise de Bourbon fit représenter en une sorte de mémorial dynastique et sous des traits assez impersonnels, les anciennes abbesses et religieuses réformatrices de sa famille, de Fontevraud ou d’autres couvents féminins, identifiées par des cartels. Ce programme fut poursuivi et d’autres portraits, cette fois-ci plus fidèles, furent ajoutés jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, y compris d’abbesses fontevristes qui n’étaient pas de la maison de Bourbon. De même, est représentée Mademoiselle de Blois (1677-1749), fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, peinte alors qu’elle était déjà adulte, mais figurée ici à l’âge où, enfant, elle séjournait à l’abbaye, avant son mariage en 1692 avec le duc d’Orléans, futur Régent. Les parties basses des murs, aujourd’hui nues, accueillaient des lambris et les stalles des religieuses. L’escalier monumental, les dortoirs et le noviciat La même galerie orientale du cloître distribue également un escalier monumental, construit sous Louise de Bourbon, entre 1542 et 1546, pour desservir le dortoir des religieuses établi à l’étage-carré de cette aile est et remanié dans ces mêmes années. De la porte d’entrée établie dans la galerie du cloître au tambour de l’étage-carré, le décor de cet escalier puise avec un certain maniérisme dans le vocabulaire antiquisant de la Renaissance, avec de savants jeux ornementaux qui déclinent tout un répertoire de motifs et de styles architecturaux, frontons, colonnes et pilastres, cannelés voire bagués, chapiteaux corinthiens ou doriques à oves, etc. La volée droite (autrefois à palier intermédiaire) est couverte d’une belle voûte rampante en berceau plein-cintre ornée de caissons, à bossages en table et fleurons. Commande d’une abbesse de la puissante maison de Bourbon, l’ensemble paraît ainsi plus propre à une architecture palatiale qu’à un dortoir de moniales. Le dortoir principal qui occupe l’étage de comble se présente aujourd’hui comme un immense vaisseau sous charpente, mais dans son état du XVIe siècle, il était doté de cloisonnements intérieurs légers. Les maçonneries du mur nord de ce dortoir (qui sont celles du bras sud du transept de l’abbatiale) conservent des vestiges de l’ancien dortoir médiéval, dont le toit était plus bas, moins pentu et couvert de tuiles. Ce mur présente aussi les vestiges d’une ancienne porte au décor Renaissance (visible tant du côté du dortoir que du bras du transept) : elle donnait là sur un escalier (disparu) qui permettait pour les offices nocturnes d’accéder directement du dortoir au choeur des religieuses via le bras sud du transept. Ce dortoir fut prolongé au sud par un noviciat, d’un volume un peu différent, édifié en 1684-1685. La chapelle Saint-Benoît Accotée à l’aile du dortoir, au niveau de la salle du chapitre, Saint-Benoît est mentionnée comme chapelle de l’infirmerie dès 1115 et c’est là que se déroulaient les cérémonies funéraires. De la chapelle romane ne subsiste que la courte nef, charpentée, qui fut partiellement divisée dans sa hauteur par un plancher et rehaussée d’un niveau au XVIe siècle, sous Louise de Bourbon, et pour y accueillir les appartements de la grande prieure. Ce logement était accessible depuis le dortoir principal du Grand-Moûtier et il présente aujourd’hui un décor intérieur du XVIIIe siècle (restauré en 2012). Dans les dernières décennies du XII siècle, le choeur originel fut remanié. Il est alors allongé d’une travée couverte d’une voûte d’ogives bombée, caractéristique du gothique angevin, avec ici des ogives épaisses et l’amorce d’un décor à la clef. Dans l’abside, semi-circulaire, les branches d’ogives sont plus fines et retombent bas sur des colonnettes engagées montant de fond. Les baies couvertes en plein-cintre qu’elles encadrent n’étaient sans doute pas aveugles à l’origine. Les infirmeries et la cour Saint-Benoît ou « second cloître » Un bâtiment abritant les infirmeries existait à l’est du Grand-Moûtier dès le Moyen Âge, mais fut détruit à la suite des inondations catastrophiques de 1558. Le bâtiment est reconstruit, à partir de 1580, sous l’abbatiat d’Éléonore de Bourbon (1576-1611). Il s’agit là d’un édifice à plan en U avec un long corps principal d’axe nord-sud avec chapelle centrale dans-oeuvre, deux gros pavillons d’angle et deux courtes ailes en retour d’équerre vers le Grand-Moûtier. À l’articulation de ces petites ailes et des gros pavillons sont établis des escaliers tournants rampe sur rampe, qui assurent au nord et au sud la distribution verticale de l’ensemble. Un soubassement permet de récupérer la légère inclinaison ouest-est du site. Les ailes de l’édifice comptent un rez-de-chaussée surélevé, un étage-carré et un comble ; les pavillons, plus amples, ont un second étage-carré. Le corps principal était un peu plus haut que les ailes latérales, mais il fut encore rehaussé à l’époque pénitentiaire (dans les années 1820) avec création d’un étage-carré supplémentaire et suppression des lucarnes qui rythmaient le toit ; les surhaussements des escaliers qui accompagnèrent cette transformation furent couverts en pavillon lors des restaurations du dernier tiers du XXe siècle. L’aile en retour, au nord, est bâtie dans l’axe de la chapelle Saint-Benoît dont elle était séparée par une voie. L’ensemble constitue ainsi une sorte de cour intérieure quadrangulaire. Les façades des infirmeries donnant sur cette cour sont bordées d’une galerie haute sur portique (onze le long de l’aile principale, cinq le long de chaque aile en retour) qui permettent d’assurer la distribution des salles. L’ornementation des façades et baies (portes et lucarnes essentiellement) relève d’un répertoire issu de la Seconde Renaissance, mais décliné avec un certain maniérisme : frontons à bases interrompues, modillons cannelés, volutes, bandeaux et pilastres quadrillant les élévations. C’est sans doute au XVIIe qu’est assurée la jonction entre l’aile nord et le chevet de Saint-Benoît au moyen d’une travée formant passage carrossable couvert doté, du côté du chevet de l’abbatiale, d’une porte monumentale avec encadrement saillant à colonnes portant un entablement et un fronton triangulaire. Dans les premières décennies du XVIIIe siècle (entre 1700 et 1740), la galerie de l’aile sud des infirmeries est prolongée à l’identique de onze travées jusqu’aux abords du Grand-Moûtier, homogénéisant ainsi le traitement en façade des bâtiments disparates qui fermaient la cour au sud. Afin de disposer dès lors d’un cheminement couvert du couvent principal à Saint-Benoît et aux infirmeries, une galerie, plus basse, vient aussi border l’aile est du Grand-Moûtier. La cour Saint-Benoît constitue ainsi une sorte de second cloître. C’est après 1816 que l’aile sud (désormais quartier de détention des femmes) est achevée en profondeur pour correspondre, derrière la galerie sur cour, au volume des premières travées de l’aile en retour d’équerre des infirmeries. Saint-Lazare Fondé dès le début du XIIe siècle par Robert d’Arbrissel pour la communauté chargée des soins aux lépreux et malades, le prieuré Saint-Lazare a été reconstruit vers 1160, à la suite d’un don d’Henri II Plantagenêt. Il fut encore remanié plusieurs fois par la suite et se présente aujourd’hui sous la forme d’un ensemble quadrangulaire de bâtiments entourant un cloître et dont l’aile sud est prolongée vers l’ouest. L’église, à nef unique, traduit les hésitations qui marquent la transition entre les traditions constructives romanes et les premières expérimentations du gothique que connut Fontevraud. Une première travée de choeur, courte et à chevet plat, est couverte d’une voûte en berceau brisé, solution romane qui, pour la seconde travée de choeur et les deux travées de la nef qui suivent, laisse place à des voûtes d’ogives bombées. C’est là l’une des utilisations les plus anciennes de ce type de couvrement, qui dispense d’arc-boutant et caractérise le style gothique angevin diffusé à partir du chantier de la cathédrale d’Angers. À Saint-Lazare, les ogives sont encore très épaisses avec un profil constitué d’un large bandeau encadré de moulurations toriques ; la clef n’y reçoit encore aucune décoration. Les chapiteaux des colonnes engagées qui supportent les doubleaux et ogives présentent le plus souvent un simple décor de feuilles lisses. Peut-être du fait de ces changements de parti, le volume intérieur de l’église traduit une accentuation des perspectives à mesure que l’on progresse de la nef vers le choeur, avec un rétrécissement des murs, une descente des voûtes et une montée du sol (désormais non perceptible du fait de décaissements des niveaux de sol), concentrant les regards vers l’autel (aujourd’hui disparu). L’aile ouest du prieuré est également reprise dans les années 1160 et l’on en conserve la salle du chapitre, au rez-de-chaussée, et le dortoir en salle haute sous charpente (restaurée) où sont conservés des fragments de peinture murale. Vers 1500, une chapelle latérale de style gothique flamboyant, consacrée à saint Jérôme, est venue flanquer la nef, au nord. Le haut de l’élévation et la couverture de cette chapelle, en partie disparus, furent restitués lors de restaurations vers 1960, sans que l’on n’en connaisse le profil originel. Alors que Saint-Lazare devient principalement une maison de convalescence pour les religieuses, les bâtiments conventuels sont profondément remaniés, vers 1625, où est notamment reconstruite l’aile sud, avec un grand réfectoire voûté au rez-de-chaussée surmonté d’un étage-carré divisé en cellules individuelles. Le cloître est refait dans la première moitié du XVIIIe siècle et dans cette même période est aussi érigé dans l’aile ouest un escalier monumental qui se distingue par ses volées tournantes entièrement en porte-à-faux. Durant la période carcérale, l’ancien prieuré devient l’hôpital de la prison prolongé à l’ouest d’une aile, achevée en 1826, et construite dans un sobre néoclassicisme qui s’allie aux autres bâtiments (ce qui lui vaudra d’être conservée lors des restaurations entamées là dès 1958-1960). La Madeleine Le prieuré Sainte-Marie-Madeleine fut fondé dès le début du XIIe siècle par Robert d’Arbrissel pour la communauté de moniales constituée des filles repenties voire des non vierges. Rapidement, sans doute, ce couvent ne dut plus accueillir que des soeurs de moindre extraction sociale que les religieuses du Grand-Moûtier et peut-être aussi des laïques retirées du monde sans pour autant prendre le voile. La communauté de la Madeleine semble ainsi reléguée à certaines tâches subalternes, comme le laisse à penser l’installation des lavoirs en partie sud du prieuré. À l’époque monastique, ce dernier était constitué de trois ailes principales et que bordait à l’ouest un petit cloître quadrangulaire. Constitué dès les premiers temps de l’abbaye, ce couvent fut plusieurs fois remanié, notamment au XVIe siècle. Les vestiges et la documentation (en particulier le plan dit de 1762) permettent d’en connaître l’organisation ancienne. L’église occupait l’aile nord. L’aile orientale accueillait la salle du chapitre et les logements des religieuses et était prolongée au sud par une buanderie articulée autour des lavoirs alimentés par les eaux de la « Fontaine du bienheureux Robert ». L’aile sud abritait le réfectoire doté de cuisines à l’extrémité occidentale. Cet ensemble de bâtiments fut profondément transformé au cours de la période carcérale, où destructions et constructions supplémentaires affectèrent le site dédié à des fonctions utilitaires (buanderie, boulangerie), puis devenu quartier de détention après 1963. Pour l’essentiel, la Madeleine se présente aujourd’hui sous la forme dans laquelle elle fut laissée en 1985 lors de la fermeture définitive de la maison de détention. Contrairement au destin des autres bâtiments pénitentiaires, peu d’entre eux furent alors détruits dans ce secteur, car plusieurs furent réutilisés (comme dépôt lapidaire, notamment), mais aussi car ils conservent dans leur élévation un grand nombre d’éléments des édifices de l’ancien prieuré. De la petite église Sainte-Marie-Madeleine à vaisseau unique, en grande partie détruite lors de l’établissement du mur d’enceinte de la prison au début du XIXe siècle, on peut ainsi encore voir les deux murs latéraux de la nef et de la travée de choeur. Des fouilles archéologiques récentes (2013) ont par ailleurs permis de mettre au jour différents niveaux de sol jusqu’à ceux de l’édifice roman originel. Le rez-de-chaussée médiéval de l’aile orientale du prieuré est également conservé, avec la salle capitulaire, ses baies donnant dans l’ancien cloître et son couvrement voûté ; plus au sud sont également encore visibles les bassins des lavoirs, sous voûte. Des éléments sont enfin perceptibles du réfectoire de l’ancienne aile sud. Ce secteur conserve par ailleurs des éléments notables de la période pénitentiaire, telle l’aile ouest, érigée dans un style néoclassique, le transformateur électrique ou encore un tronçon du chemin de ronde de la courtine et un mirador à couverture en dôme à amortissement, édifié sans doute dans le premier quart du XIXe siècle sur le mur de l’ancienne clôture monastique. Bâtiments du secteur ouest Le secteur ouest de l’ancienne abbaye a été fortement transformé après la Révolution, d’une part du fait de la dispersion en mains privées de certains des édifices qui s’y trouvaient, cédés lors des ventes de biens nationaux, d’autre part lors de l’installation de la maison de détention, qui s’accompagna de rachat de certains d’entre eux, mais aussi de démolitions. Ce secteur se caractérise par le fait que s’y trouvaient juxtaposés des bâtiments de statuts divers. En effet, une fois passée la Grande porte, l’on entrait dans la Cour-du-dehors qui, à l’époque monastique, était d’accès public tout en étant contrôlée et déjà à l’abri d’une première clôture. Cette cour était une voie élargie qui formait dès lors un espace de transition entre les secteurs liés au fonctionnement de l’abbaye (au nord et à l’ouest) et ceux qui, à l’abri de la Grande clôture, étaient consacrés à la vie conventuelle (au sud).

Cette cour fut ramenée à de plus petites dimensions à l’époque pénitentiaire, où elle devint la place d’armes, mais son statut d’espace de transition perdura tout de même : elle était environnée des bâtiments administratifs (logements de fonction, greffe, etc.) ou liés au fonctionnement de la prison (caserne, boulangerie, fannerie, etc.) et ouvrait sur la porte de la deuxième enceinte conduisant aux espaces de détention.

Elle assure toujours ce rôle de transition, entre le village et les espaces d’accueil de l’actuel site culturel et touristique de l’Abbaye royale de Fontevraud.

Le palais abbatial et les dépendances ouest

Le palais abbatial, dans son état antérieur à la Révolution, est l’élément principal du secteur occidental de l’abbaye. Il constitue le réel lieu d’articulation entre extérieur et intérieur de l’ensemble monastique. Alors que la Grande clôture manifeste ailleurs très nettement dans le paysage la rupture entre ces deux univers, elle disparaît là pour laisser place à une transition bien plus complexe qui s’opère progressivement à travers cet édifice et qui traduit spatialement le rôle de l’abbesse, à l’interface de l’ordre fontevriste et du monde extérieur.

À défaut de documents d’archives et d’études archéologiques menées dans ce secteur de l’abbaye, il est difficile de connaître la nature et la date de construction des premiers bâtiments qui furent édifiés là. Il semblerait que dans la première moitié du XVIe siècle, l’abbesse occupe encore une cellule dans le dortoir des religieuses, mais un logis abbatial clairement indépendant, situé à l’ouest du Grand-Moûtier est attesté dans le dernier quart du XVIe siècle. Il paraît associé à d’autres constructions déjà mentionnées là, comme le parloir de l’abbesse. À cette même période, est également évoquée une galerie qui, en 1580, peut être empruntée depuis le logis pour se rendre au Clos-Bourbon désormais accessible par un pont. Au XVIIe siècle, de nouveaux corps de bâtiment sont construits dans ce secteur. Les plans dont on dispose à partir du second quart du XVIIIe siècle montrent un palais abbatial dont la partie centrale (disparue), constituée d’un logis à tourelles quadrangulaires, se situait à l’ouest des cuisines médiévales. Diverses ailes et appendices étaient greffés sur ce corps principal, qui était par ailleurs séparé de la Cour-du-dehors par divers petits bâtiments utilitaires (celliers, bûchers, lingerie, entrepôts divers) ou liés au logement du personnel au service de l’abbesse ; on y trouve aussi plusieurs parloirs. Les axes parfois très différents des maçonneries de ces corps de bâtiments imbriqués témoignent de ce que l’on est en présence d’un ensemble maintes fois remanié et dont certaines parties pourraient reprendre des orientations d’un bâti peut-être ancien. Au nord, au plus près de la Cour-du-dehors, afin de faciliter le ravitaillement et la distribution, se trouvaient les fours des boulangeries où étaient préparés les pains notamment distribués aux mendiants. À la veille de la Révolution y avait aussi été installé un moulin actionné par un manège à chevaux (démonté peu après).

À l’ouest, un jardin en terrasses avec escalier en fer-à-cheval était encadré de deux des ailes qui donnaient sur des ponts enjambant la chaussée pour mener au Clos-Bourbon. Cet ensemble fut fortement repris lors de l’installation des filles de Louis XV, avec prolongement de l’une de ces deux ailes pour installer les princesses et liaison par une voûte entre le jardin de l’abbesse et le parc du Clos-Bourbon. De nouveaux remaniements intervinrent entre le milieu du XVIIIe siècle et la fin de l’Ancien Régime et plus tard encore, après la Révolution, lors de la transformation du site en maison de détention.

De ce palais abbatial, presque rien ne subsiste de l’ancien corps principal du logis et ne demeurent deux ailes qui en furent des prolongements tardifs. L’une, d’axe est-ouest, date du XVIIe siècle et correspond à celle qui bordait le jardin abbatial au nord et qui avait été prolongée pour former le logis de Mesdames de France ; elle fut tronquée au début du XIXe siècle et ne présente plus à l’ouest que quelques travées. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, son extrémité orientale, qui accueillait au rez-de-chaussée le parloir de l’abbesse, fut largement remaniée et augmentée en partie antérieure (façade nord) pour prendre l’apparence d’un pavillon ; au début du XIXe siècle, à la suite d’un effondrement, il fut encore ponctuellement repris (en façade postérieure, au sud) et abrita la direction de la prison.

Perpendiculaire à cette aile, la seconde fut constituée en deux temps : en partie sud, ses cinq premières travées (dont un passage couvert) sont du XVIIe siècle (avec là encore des remaniements du XVIIIe siècle), mais les onze travées plus au nord ont été construites dans les dernières décennies de l’Ancien Régime. Malgré ces écarts chronologiques, le sobre classicisme qui les caractérise (bandeaux, travées en léger ressaut, jambes et chaînes à bossages en table, toit à longs pans brisé et à croupes) différencie assez peu ces ajouts successifs.

Désormais dissocié de cet ensemble, un autre bâtiment, plus au sud, correspond à l’aile méridionale du palais abbatial qui menait au Clos-Bourbon. Il s’agit d’une galerie haute sur portique, dite « l’Orangerie », mais dont l’étage carré servait de galerie (meublée de tableaux à la fin de l’Ancien Régime) reliant le logis de l’abbesse à un petit salon par lequel on accédait à une chapelle et une bibliothèque, ces deux dernières pièces étant construite sur un pont enjambant l’actuelle rue Saint-Lazare pour ouvrir à l’ouest sur les jardins du Clos-Bourbon. Cette galerie est couverte d’une charpente datée par dendrochronologie des années 1676-1680. La destruction de la voûte sur rue en 1796 s’accompagna de celle des pièces qui la surmontaient, puis à l’époque pénitentiaire, cette aile connut plusieurs affectations : elle servit notamment de quartiers des détenus politiques dans la première moitié du XIXe siècle, ce qui nécessita vers 1830 la construction en lieu et place de l’ancien petit salon, d’une aile supplémentaire (conservée), en retour d’équerre au sud le long de l’enceinte.

Entre cette galerie et les vestiges du palais abbatial se trouvent des entrées de caves initialement accessibles intérieurement depuis le rez-de-chaussée du palais abbatial, au niveau de la tour d’escalier en vis. Les plus anciens tronçons de ces caves sont médiévaux et elles étaient destinées au stockage.

La Fannerie et les logements d’entrée

La Grande-porte de l’abbaye fut reconstruite dans les années qui précédèrent la Révolution et les ailes qui l’encadrent ont été esquissées dans ce même temps, même si certains corps furent édifiés plus tard. Vendus comme biens nationaux, puis rachetées par l’État lors de l’installation de la prison, ces bâtiments connurent des réaménagements dans les décennies suivantes pour en faire des logements de fonction de personnels liés au fonctionnement pénitentiaire. Le même style néoclassique adopté pour ces chantiers de construction, antérieurs ou postérieurs à la Révolution, confère une belle uniformité à cet ensemble auquel il convient d’ajouter, au nord de la cour, la Fannerie.

Une « fannerie », grange et grand fenil à proximité des écuries, était implanté en partie septentrionale de la Cour-du-dehors. Visible sur une vue de la collection Gaignières, il s’agissait d’un grand bâtiment à usage de stockage sans doute du XIIe ou du XIIIe siècle, de 40×20 m, à toit à longs pans et avec au moins un niveau de plancher sur piles ou poteaux. Dans les années 1780, en même temps qu’était réédifiée la Grande-porte et réaménagé ce secteur du complexe abbatial, cette ancienne fannerie qui empiétait fortement sur la grande cour fut détruite pour être reconstruite en 1786 un peu plus au nord. Formée d’un haut rez-de-chaussée divisé en trois grand volumes par des murs de refend (avec escalier unique en partie centrale) et d’un seul étage conçu comme un immense grenier sous charpente, cette nouvelle fannerie est un grand bâtiment de 45×15 m, couvert d’un toit à longs pans brisés et à croupes. Construite en pierre de taille en façade sud sur la grande cour et en moellons en façade nord (à l’exception d’un traitement en moyen appareil d’un faux portail en partie centrale), elle est dotée côté Cour-du-dehors de trois portes monumentales couvertes de frontons à base interrompue à encadrements à bossages en tables. Initialement incluse dans le parcellaire des dépendances monastiques, la nouvelle fannerie fut conservée parmi les bâtiments utilitaires de la prison, donnant sur la place d’armes, mais marqua dès lors la limite de l’enceinte pénitentiaire et fut longée au nord par la chaussée nouvellement percée vers 1816 (actuelles rue Saint-Jean-de-l’Habit et place des Blatiers) et dont l’axe directeur est aligné sur le gouttereau nord de la fannerie. L’édifice, toujours voué à un usage de fenil et de grange, servit aussi dans les premiers temps de la prison de bûcher et abrita également un temps des écuries en partie centrale. La fannerie fut ensuite plusieurs fois transformée intérieurement à l’époque carcérale, au fil de réaffectations, et des baies furent nouvellement percées ou obturées au gré de ces modifications. La partie orientale de la fannerie fut ainsi subdivisée par des niveaux de planchers en 1824-1825 pour augmenter sa capacité de stockage, puis transformée, notamment en logements, par extension de la caserne de gendarmerie voisine dans les années 1860. La partie centrale fut modifiée en 1828 pour accueillir des fours à pain (transférés à la Madeleine dans les années 1860), avec construction d’une voûte au rez-de-chaussée couvrant cette boulangerie pour éviter la propagation d’un éventuel incendie. C’est sans doute dans ce même souci que, vers 1828 ou peu après, fut construite une citerne dans la partie ouest du bâtiment. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, il n’y eut jamais d’issue en façade nord de la Fannerie. Cependant, la partie ouest de la fannerie devint un passage couvert vers 1899-1900, avec aménagement d’un portail monumental en gouttereau nord, afin de doter la caserne d’un accès qui lui soit propre lorsqu’il fut décidé, à cette date, de diviser la Cour d’honneur par un mur afin de séparer prison et gendarmerie. En 1923, l’ensemble de la Fannerie fut désaffecté et demeura à l’abandon, ne servant que d’espace d’entrepôt ponctuel. Son état se dégrada progressivement. En 2009, s’acheva la restauration de sa couverture et de ses élévations extérieures.

La caserne et le greffe

L’ancienne place d’armes de la prison était barré de deux bâtiments construits vers 1828 et qui furent conservés après la fermeture de la prison : la longue aile de la caserne (actuel pôle d’accueil de l’Abbaye Royale de Fontevraud, remaniée en 1994) et le greffe (actuels locaux administratifs) remaniés. Ils relèvent d’un très sobre néoclassicisme et encadrent la porte de la seconde enceinte de la prison.

N.-B. : les éléments autrefois parties constituantes de l’abbaye, mais aujourd’hui situés hors les murs sont traités dans des dossiers individuels spécifiques (parc du Clos-Bourbon, Logis Bourbon, Boucherie, Secrétainerie, etc. Voir dossiers liés à cette notice).

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Statut, intérêt et protection

 

Statut de la propriété propriété de l’Etat
propriété publique
Intérêt de l’œuvre à signaler
Protections classé MH partiellement, 1840
classé MH partiellement, 1909/11/12
classé MH, 1962
classé MH partiellement, 1989/08/28
inscrit MH partiellement, 1998/03/06

Documentation

 

Références documentaires

Documents d’archives

  • 1. Archives départementales de Maine-et-Loire

    Très nombreux documents, dont notamment les fonds suivants :

    AD Maine-et-Loire. 1 Q. Biens nationaux. Diverses liasses, dont 1 Q 213 (biens de 1ère origine, procès-verbaux d’estimation par ordre alphabétique des communes : D à J, 1790-1791), 1 Q 1558 (créances de 1ère origine : Fontevraud, 1790-An V).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38. Notaires. Études notariales de Fontevraud (XVIIe-XIXe).

    AD Maine-et-Loire. 1 Fi. Fonds iconographique. Divers documents iconographiques, dont certains relatifs à Fontevraud (XVIIIe-XXe siècle).

    AD Maine-et-Loire. 101 H. Abbaye de Fontevraud. Fonds de l’abbaye (XIIe-XVIIIe siècle).

    AD Maine-et-Loire. 1 Y. Établissements pénitentiaires. Fonds de la préfecture : fonds communs à tous les établissements pénitentiaire et fonds de la maison centrale de détention de Fontevraud (1800-1940).

    AD Maine-et-Loire. 2 Y. Établissements pénitentiaires. Fonds de la circonscription pénitentiaire de Fontevraud et de la maison centrale de détention de Fontevraud (1800-1940).

    AD Maine-et-Loire. 3 P. Cadastre. Diverses pièces, dont 4 / 146 (plan cadastral napoléonien, 1813), 6 / 146 (état des sections et matrices cadastrales, XIXe-XXe siècle).

    2. Archives municipale de Fontevraud-l’Abbaye

    AM Fontevraud-l’Abbaye. D. Administration générale de la commune. Divers documents, dont 1 D (registres de délibération, fin XVIIIe-XXe siècle).

    3. Autres fonds consultés

    Centre culturel de l’Ouest (CCO, Fontevraud-l’Abbaye). Documentation iconographique. Plan de l’abbaye de Fontevraud, dit « plan de 1762 » (3e quart du XVIIIe siècle).

    Direction régionale des Affaires culturelles des Pays de la Loire (DRAC, Nantes). Documentation de la Conservation régionale des monuments historiques. Dossiers divers relatifs aux monuments historiques et protections patrimoniales de la commune : protection, correspondance, travaux (XIXe-XXIe).

    Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine de Maine-et-Loire (STAP, Angers). Documentation du Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine. Dossiers divers relatifs aux monuments historiques et protections patrimoniales de la commune : protection, correspondance, travaux (XIXe-XXIe).

Bibliographie

  • 1. Périodiques

    1. a. Périodiques consacrés à l’abbaye de Fontevraud

    Fontevraud. Histoire – archéologie : périodique, 6 numéros parus, 1992-1997.

    1. b. Numéros spéciaux consacrés à à l’abbaye de Fontevraud

    Notre histoire, hors-série n°41 : Fontevraud, juin 1991

    2. Ouvrages et articles

    ARTIÈRES, Philippe, Jean Genet et la prison de Fontevraud, coll. Les carnets de Fontevraud, Nantes : éd. Revue 303, 2013.

    ASSOCIATION DES AMIS DE L’ABBAYE ROYALE DE FONTEVRAUD. L’abbaye royale de Fontevraud, Longué : 1984.

    BAUDRI DE BOURGUEIL. Vita B. Roberti de Arbrissello. In Patrologia latina, t. 162, éd. J.-P. Migne, Paris, 1854, col. 1043-1078.

    BIENVENU, Jean-Marc, FAVREAU, Robert, PON, Georges. Grand cartulaire de Fontevraud, 2 vol Poitiers : Société des antiquaires de l’Ouest, 2000-2005.

    BIENVENU, Jean-Marc. L’étonnant fondateur de Fontevraud : Robert d’Arbrissel, Paris, Nouvelles éditions latines, 1981.

    BIENVENU, Jean-Marc. Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un ordre religieux, thèse de Doctorat d’État, Université Paris-Sorbonne, tapuscrit, 6 volumes, 1980.

    BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Fontevrault, son histoire et ses monuments. Tours : 1890.

    BOUCHETTE, Anne. La forêt de Fontevraud au Moyen Âge, mémoire de maîtrise, Université de Paris I – Institut d’art et d’archéologie, 1985.

    COURAJOD, Louis. Les sépultures des Plantagenets à Fontevrault (1189-1867). La Gazette des Beaux-arts, 1er décembre 1867.

    CROZET, René. Fontevraud. In Congrès archéologique de France ; Anjou, CXXIIe session, 1964, pp. 427-477.

    DALARUN, Jacques (éd.), Robert d’Arbrissel et la vie religieuse dans l’Ouest de la France. Actes du colloque de Fontevraud, 13-16 décembre 2001, coll. Disciplina monastica (1), Turnhout : Brepols, 2004.

    DALARUN, Jacques. L’impossible sainteté. La vie retrouvée de Robert d’Arbrissel (v.1045-1116), fondateur de Fontevraud, éditions du Cerf, Paris, 1985.

    DASSÉ, Michel, PETIT, Jacques-Guy, Les prisonniers de Fontevraud de 1812 à 1862. Enquête et dénombrement [étude réalisé avec la participation de l’Université du 3e âge et les étudiants en informatique du lycée Chevrollier], tapuscrit, Angers, 1982.

    DUBOURG-NOVES, Pierre. Les sculptures de la nef de Fontevrault. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, nouvelle série, 1978, pp. 105-146.

    EDOUARD (Abbé) (BIRON Armand). Fontevrault et ses monuments ou Histoire de cette royale abbaye depuis sa fondation jusqu’à sa suppression (1100-1793) , 2 tomes, Paris-Marseille, 1873-1874.

    ENGUEHARD, Henri. Fontevraud, les dernières années du pénitencier. In Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts d’Angers, 1981-1982, neuvième série, t. V et VI, Angers, p. 235-240.

    ENGUEHARD, Henri. Les travaux de l’abbaye de Fontevrault aux XIXe et XXe siècles. In Congrès archéologique de France ; Anjou, CXXIIe session, 1964, p. 478-481.

    ERLANDE-BRANDEBURG, Alain. Le « cimetière des rois » à Fontevrault. In Congrès archéologique de France ; Anjou, CXXIIe session, 1964, p. 482-492.

    ERLANDE-BRANDENBURG, Alain. Le gisant d’Aliénor. 303, Arts, Recherches et Créations, n°81, Hors-série 2004, p. 174-179.

    ERLANDE-BRANDENBURG, Alain. Les gisants de Fontevraud. 303, Arts, Recherches et Créations, n°18, 3e trimestre 1988, p. 20-33.

    FAVREAU, Robert. Aliénor d’Aquitaine et Fontevraud. 303, Arts, Recherches et Créations, n°81, Hors-série 2004, p. 40-45.

    GIRAUD-LABALTE, Claire. Fontevraud au XIXe siècle, une prison dans une abbaye. Revue 303. Arts, Recherches et Créations, n°0, Nantes, 1984, p. 8-25.

    GIRAUD-LABALTE, Claire. Iconographie de l’ancienne abbaye de Fontevraud, tapuscrit, Nantes, 1981.

    GIRAUD-LABALTE, Claire. Les Angevins et leurs monuments, 1800-1840, Angers : Société des Études Angevines, 1996.

    GIROUARD, Augustin. L’abbaye de Fontevraud et les origines de la ville, s.d. (vers 1946, réédité en 1950).

    GODARD-FAULTRIER, V. Statues de Fontevrault. Répertoire archéologique de l’Anjou. Année 1866, Commission archéologique de Maine-et-Loire, Angers, 1866.

    LUSSEAU, Patricia. L’abbaye royale de Fontevraud aux XVIIe et XVIIIe siècles, thèse de 3e cycle, tapuscrit, Université de Nantes, 1985.

    LUSSEAU, Patricia. L’abbaye royale de Fontevraud aux XVIIe et XVIIIe siècles, Hérault-éditions, Maulévrier, 1986.

    MALIFAUD, G. L’abbaye de Fontevrault, notice historique et archéologique, Angers : 1866 (rééd. 1868).

    MANASE, Viviane. Le chantier de l’abbaye de Fontevraud : 1648-1701. Archives d’Anjou. Mélanges d’histoire et d’archéologie angevines, n°2, Association des Amis des Archives d’Anjou, Angers, 1998. p. 95-115.

    MANASE, Viviane. Peintures de l’abbaye de Fontevraud, Fiches Reflets. Patrimoine de Maine-et-Loire, Conseil général de Maine-et-Loire, 2002.

    MELOT, Michel. Fontevrault, Paris, J. Lanore, 1971.

    MELOT, Michel. L’abbaye de Fontevraud de la réforme à nos jours (1458-1963), étude archéologique, thèse de l’École des Chartes, 1967, 2 volumes.

    MELOT, Michel. Les cuisines de Fontevraud. In Actes du 93e Congrès national des Sociétés savantes, Tours, 1968, section d’archéologie, Paris, 1970, p. 339-362.

    MÉNARD, Bertrand. À Fontevraud, les murs ont la parole ; promenade parmi les graffiti, messages du passé, Société des lettres, sciences et arts du Saumurois, 1998, 89e année, n° 147 bis, p. 80-96.?

    MÉNARD, Bertrand. Encore 264 jours à tirer ; pénitencier de Fontevrault, Cheminements, 1994.

    NICQUET, Honoré. Histoire de l’ordre de Font-Evraud, Paris, 1642(rééd. Angers, 1686).

    PARROT, Armand. Mémorial des abbesses de Fontevrault issues de la maison royale de France accompagné de notes historiques et archéologiques. In Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, tome XXXVI, Lettres et Arts. Angers : 1881, p. 1 à 189.

    PAVILLON, Balthazar. La vie du bien-heureux Robert d’Arbrissel, patriarche des solitaires de la France et instituteur de l’ordre de Font-Evraud, Saumur-Paris, 1666.

    PETIT, Jacques-Guy. Les débuts de la manufacture carcérale de Fontevraud (1793-1845). Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1990, t. 97, n° 3, p. 329-342.?

    POHU, Abbé (curé de Fontevraud). Abbaye royale de Fontevraud. Lyon, s.d.

    POIGNANT, Simone. L’abbaye de Fontevraud et les filles de Louis XV, Nouvelles éditions latines, Paris, 1966.

    POITEVIN, Roger. Abbaye-bagne de Fontevraud, 1940-1944 : des résistants dans une ancienne abbaye, éd. Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation, délégation de Maine-et-Loire, 2009.

    PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 3 vol., Paris-Angers, 1876-1878 ; réédition, mise à jour et augmentée (coll.), 4 vol., Angers : 1965-1989 ; supplément (Sarazin, André), 2 vol. Angers : 2004.

    POULAIN, Jean. Dictionnaire de l’ordre fontevriste, tapuscrit, Comité d’histoire fontevriste, janvier 2000.

    PRIGENT, Daniel, GAUD, Henri. L’abbaye de Fontevraud, Éditions Gaud, Moisenay, 2005.

    PRIGENT, Daniel. Étude statistique d’appareils à l’intérieur de l’abbaye de Fontevraud. Aspects méthodologiques. Revue archéologique de l’Ouest, n°6, 1989, p. 155-172.

    PRIGENT, Daniel. Le système hydraulique à Fontevraud (Maine-et-Loire, France) . In L’hydraulique monastique. Milieux, réseaux, usages [PRESSOUYRE, Léon, BENOIT, Paul (éd.) ; textes réunis par BONIS, Armelle, WABONT, Monique]. Coll. Rencontres à Royaumont Éditions Créaphis, Grâne, 1996, p. 305-317.

    RELIGIEUSES DE SAINTE-MARIE DE FONTEVRAULT DE BOULAUR (Gers), exilées à Vera de Nannarra (Espagne). Histoire de l’Ordre de Fontevrault, 3 volumes, Aude, 1911-1913.

    RHEIN, André. Première excursion. Montsoreau, Candes, Fontevrault. In Congrès archéologique de France, LXXVIIe session, tenue à Angers et à Saumur en 1910, Paris-Caen : 1911, tome 1, p. 33-64.

    STALDER, Florian, ROUSSEAU, Bruno. Fontevraud-l’Abbaye et Montsoreau, un regard sur le Saumurois, coll. Images du patrimoine (283), Nantes : éditions 303, 2013.

    STALDER, Florian. De la forêt frontière au champ de tir, la forêt de Fontevraud. 303, Arts, Recherches et Créations, n°127, 3e trimestre 2013, p. 14-21.

    VERRY, Elisabeth (dir.). Trésor des Chartes de l’abbaye royale de Fontevraud, Archives départementales de Maine-et-Loire, 1992.

(c) Région Pays de la Loire – Inventaire général ; (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire – Conservation départementale du patrimoine – Stalder Florian
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Paul Garrigou-Lagrange fondateur de l’observatoire dans la rue homonyme de Limoges aujourd’hui stupidement détruit.

Monument à Paul Garrigou-Lagrange . Millevaches (19290).

Garrigou-Lagrange, Paul, scientifique (19 J)

Correspondance personnelle de Paul Garrigou-Lagrange (1855-1927), scientifique, météorologiste et hydrologue : documents concernant la Société Gay-Lussac, l’observatoire de Limoges, la commission de météorologie et tout particulièrement les Congrès de l’Arbre et de l’Eau. Ces archives ont été sauvées en 1979. Une partie se trouve à la bibliothèque municipale, une autre aux archives municipales de Limoges.

1877-1941

2 mètres

19 J 1-62

Paul Garrigou Lagrange (1855-1927) : œuvres (7)

Auteur du texte (7)

Ministère de l’Agriculture. Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles. Rapport sur les nappes aquifères et les sources en terrains granitiques et volcaniques, par M. P. Garrigou-Lagrange,… (1912)

Le Ministre de l’Agriculture au plateau de Millevaches. [Signé : P. G.-L. (Garrigou-Lagrange).] (1912)

Sur le calcul des anomalies et sur son application à l’étude des grands mouvements de l’atmosphère et à la prévision du temps, par Paul Garrigou-Lagrange (1900)

Commission météorologique de la Haute-Vienne. Essai sur la climatologie du Limousin, par Paul Garrigou-Lagrange,… (1890)

Congrès de Limoges, 31 mai-5 juin 1886. La Décentralisation intellectuelle, par M. Paul Garrigou-Lagrange,… conférence faite dans la séance d’ouverture du 31 mai 1886 (1886)

Questions dynamiques. Observations sur le mouvement et le choc des systèmes invariables, par Paul Garrigou-Lagrange (1883)

[De Hereditatis petitione (Dig. 5,3). De la présomption et de la déclaration d’absence…] Thèse pour la licence… 23-03-1877… par P. Garrigou-Lagrange, né à Aix s/Vienne, le 24.03.1855… (1877)

Autour de Paul Garrigou Lagrange (1855-1927) (2)

Auteurs liés en tant que éditeur scientifique (2)

Commission météorologique. Haute-Vienne

France. Ministère de l’agriculture. Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles

Catégorie de monument : Grands hommes
Type d’oeuvre : 
médaillon
Matériaux : 
bronze
Sculpteur(s) : 
Sporrer, Théobald Joseph (Bordeaux 1857 – ? 1933)
Inscriptions : 
en bas du médaillon en bronze : T SPORRER FILS ; sur la stèle en pierre : PAUL / GARRIGOU  / LAGRANGE / 1855 1927
Source : 
Documentation du musée d’Orsay, photographies couleur Florence James, 2011
Identifiant : 
8824

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Les Ostensions limousines vues par la juridiction administrative.

XXXVE JOURNÉES D’HISTOIRE DU DROIT

LES RELIQUES EN ACTION

JEUDI 20 ET VENDREDI 21 OCTOBRE 2016 Amphithéâtre Chevalier
Faculté de Droit et des Sciences Économiques 32 rue Turgot – 87031 Limoges

 

et plus spécialement 

Jeudi 20 octobre 2018.

15H30 – 15H45 – Pause

Les Ostensions limousines devant le Conseil d’État

Jean MORANGE, Professeur émérite, Faculté de droit et des sciences économiques, Université de Limoges

Réflexions sur l’inscription des Ostensions septennales limousines par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Virginie SAINT–JAMES, MCF HDR de droit public, OMIJ-IIRCO, Faculté de droit et des sciences économiques, Université de Limoges

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HERALDIQUE : Supports, Tenants, Soutiens.

D’après Michel Pastoureau, on réserverait plutôt le terme de « supports » aux animaux, de « tenants » aux créatures humaines ou angéliques et de « soutiens » aux objets, les arbres  étant  considérées  comme des objets…

S’agissant des  tenants les « sauvages »se différencient d’Hercule par l’absence de Léonté (la peau du lion de Némée) nouée autour de leurs cous.

Et pour  vous en souvenir :

SUPPORTS :  Référence  aux  porcs ( SU-PORCS) donc aux animaux

TENANTS : Commence par  un T, et il y a un T dans  CREATURES humaines  ou angéliques

SOUTIENS : le T du milieu du mot SOUTIENS  structure et  soutient – car il est placé au milieu- tout le mot  comme il soutient  l‘objet.

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Messe annuelle de Saint-Loup à Limoges le 19 mai 2019 en l’église Saint-Michel des Lions

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Echarpe de confrère de Saint Loup et épinglette de boutonnière, le tout aux couleurs de la Confrérie, d’argent et d’or ..qui se trouvent par ailleurs être également les couleurs de la Principauté du Vatican.

La Messe de  ST LOUP, Saint Patron d’un certain nombre de Limousins

sera  célébrée   le dimanche 19 MAI 2019 à 11h15
en l’Eglise  St Michel des Lions à Limoges où  il repose
Il sera possible de  procéder à la Vénération de la Relique après  la Messe.
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Laurent Bourdelas présente  » Les bouchers du château de Limoges »( Geste Editions)

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Table des matières

Préface de Pierre Lamige, 1er syndic de la Confrérie Saint-Aurélien

Avant-Propos

La boucherie au temps des Gaulois et des Romains

La boucherie gauloise

La boucherie dans la Gaule et le Limousin romains

Etymologie

Moyen Âge

Les bouchers de la Cité

Les bouchers de la ville du Château

Le consulat et la corporation des bouchers

La naissance de la confrérie Saint-Aurélien

La chapelle Saint-Aurélien, du Moyen Âge à nos jours

La chapelle Saint-Aurélien vue par Albert de Laborderie en 1882

Des Temps modernes au XIXème siècle

Transaction entre les bouchers de Limoges et les consuls (1535)

L’accueil d’Henri IV par les bouchers

Henri IV visite Limoges

Des halles et une rue

Une corporation rétive aux taxes

Le cadre de vie des bouchers

Dans la tourmente révolutionnaire

Les fêtes religieuses des bouchers

Noms et surnoms de bouchers

Dix-neuvième siècle et début du vingtième

Etre « de la rue »

L’évolution religieuse : une confrérie active face à l’anticléricalisme municipal

La Confrérie de Saint-Aurélien en 1923

1930, les fêtes du Millénaire

Spécialités culinaires de la rue de la Boucherie

Le Cercle Saint-Aurélien, entre corporatisme, religion et loisirs, de 1887 aux années 1960

L’inauguration du Cercle, dans l’esprit corporatiste

Le Cercle, siège du Syndicat de la boucherie

La charte coopérative du métier de boucher sous le régime de l’Etat Français de Philippe Pétain

Un local bien entretenu et un lieu de distraction

Mentions d’activités religieuses et charitables dans les archives du Cercle

Le pavillon frigorifique du Verdurier

L’abattoir de Roger Gonthier

Au cimetière de Louyat

La Confrérie Saint-Aurélien et la rue de la Boucherie des années 1960 aux années 2020

1973 : Sauver le quartier – le passage d’une rue de bouchers à une artère touristique

La tradition « immémoriale » de l’accueil des chefs d’Etat

1982 : La visite de François Mitterrand, président de la République

La destruction de la pietà

1ers syndics de la Confrérie de Saint-Aurélien

L’incendie du 17 février 2017

Une « figure obligée » : écrire sur les bouchers et leur rue

Un portrait à charge dans le Contribuable du 18 avril 1832, par Léon Dubois

Jules Clarétie, Journées de vacances, 1886

Un extrait de lettre d’Henri Alexandre Flour de Saint-Genis, écrite en août 1856

Un article de Victorine Vallat, 1899

La Rue de la Boucherie par Louis Bouty, 1901

Le Boucher, par Edouard Michaud, 1901

Extrait de Le Limousin par André Thérive, 1927

La Frairie des Petits Ventres par Bernard Cubertafond, 1987

Nicolas Bouchard, La Ville noire, 2006

Peindre et photographier la Boucherie et les ostensions

En conclusion

Références

Remerciements

 

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Les fouilles de la rue de la Courtine Limoges) livrent aussi leurs trésors

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Vie et mort de l’Abbaye Saint-Martial de Limoges (16/16)

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Limoges. L’ICRSP (Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre) enfin dans ses murs.

L’évêque de Limoges remplace le MRAP par… l’ICRSP

L’évêque de Limoges remplace le MRAP par… l’ICRSP

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Découvertes de structures anciennes au prieuré de Relay

Work in progress.

Depuis plusieurs mois, des travaux de restauration/conservation ont été entamés sur la façade occidentale des logis. Autrefois se trouvaient ici le réfectoire au rez-de-chaussé et le logis prieural à l’étage. Malheureusement, en 1833, le propriétaire avait détruit une grande partie de ces bâtiments. Nous retrouvons aujourd’hui le niveau de sol d’origine, des niches et la structure de la cheminée du logis de la prieure.

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