Abbaye SAINT-MARTIAL de LIMOGES

Le chœur de la basilique de Saint Martial, comme si vous y étiez

Cette vaste basilique telle qu’elle existait au moment de la Révolution avait 237 pieds de longueur sur 112 de large à la croisée et 54 à la nef. Sa principale entrée était par la porte du clocher, en face de la rue qui descend de Saint Michel appelée rue du clocher. On descendait dans l’église par une vingtaine de marches.

Elle formait une croix au centre de laquelle s’élevait une coupole d’une telle concavité que les connaisseurs était étonnés de la qualité de l’ouvrage.

Le sanctuaire et le choeur étaient comme celui de la cathédrale renfermés dans une même enceinte… [Celle-ci] était continue entre les piliers par de belles grilles en fer d’un travail compliqué mais fini. À hauteur d’environ 12 à 14 pieds elles étaient surmontées d’ornements formant la pyramide. On y voyait des anges, des cornnes d’abondance dorées, etc.

Le sanctuaire, par son élévation, sa grandeur, sa clarté, était trés majestueux et propice aux cérémonies. Il occupait le rond-point de l’enceinte. L’autel était placé et isolé au milieu…

Au fond du sanctuaire était adossée au mur une superbe impériale en bois doré. Les aigrettes s’élevaient jusqu’à la voûte. Au milieu de la draperie était la châsse qui renfermait sous onze  clefs le chefde saint Martial. Elle était toute en vermeil . Celle dont les confrères de la grande Confrérie firent don à la fabrique en 1809 n’en approche en rien, toute belle qu’elle est, ni pour son travail ni par sa grandeur…

La châsse de Saint Martial était derrière une grille en fer, fermée elle même par des portes garnies de fortes bandes de fer, auxquelles étaient d’énormes cadenas. Ces portes étaient masquées par un tableau représentant l’apparition de Sainte Valérie à Saint Martial après son martyre, ou par un contre-autel en drap d’or. Au-dessus du cintre qui couronnait l’encadrement était un ange de grandeur naturelle, tenant suspendu par une main le corpus elevatum  . Aux deux extrémités étaient aussi deux anges adorateurs; le tout d’une sculpture rare et d’une dorure soignée.

Deux énormes colonnes torses ornées de sculptures et reliefs représentant des ceps de vigne, où se trouvaient des oiseaux, de serpents, soutenaient le dessus de l’impériale surmontée de beaux panaches avec une aigrette au milieu s’élevant jusqu’à la voûte, le tout bien sculpté et doré. 

Au-dessus de l’autel était suspendu un grand dais en velours garni de crépines pour le garantir de la poussière de la voûte.

Il y avait dans le sanctuaire, du côté de l’Évangile, une statue comme d’enfant de chœur ayant un genou en terre, tenant un chandelier appuyé sur l’autre. On y entretrenait jour et nuit une bougie allumée ; on regardait cela comme une amende honorable continuelle, en réparation d’un attentat qui aurait eu lieu sur la personne d’un chanoine, pendant ses fonctions dans le sanctuaire, par un échevin.

Le contour du sanctuaire était orné d’un double rang de tapisseries d’Aubusson représentant des traits de l’Écriture Sainte. Chacun était dans un bel encadrement faisant partie de la boiserie qui formait la hauteur d’appui. Il y avait aussi dans le sanctuaire les tombeaux de cardinaux de Mende et de Sarragosse.

En descendant du sanctuaire, on trouvait des grilles collatérales. C’était au bas de la dernière marche qu’avait été inhumé l’avant-dernier abbé, M. Montesquiou, qui fut exhumé quant on détruisit l’église, pour avoir la bière  en plomb , sans être arrêté par le respect que devaient inspirer ses cendres.”

BIBLIO : Abbé Bullat , Tableau ecclésiastique et religieux de la ville de Limoges  in Chroniques ecclésiastiques du Limousin, publiées et annotées par l’abbé Lecler, éd. J. Mazeyrie, Tulle, 1890 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5487238g                                                                         à compter de la page  362

et aussi :                                                                                                                                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Martial_de_Limoges

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A propos alaintexier

La Saint Martial des Ardents, vers le 12 novembre, peut -et doit- redevenir la grande fête locale de la ville de Limoges. Ce blog propose plusieurs moyens pour y contribuer dont l'opération "Loupiotes" et " les Rencontres littéraires". Pour y aider , une seule adresse courriel : sm.ardents@orange.fr
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