Etat des fouilles de la Basilique du Sauveur à Limoges au 17 septembre 2015

3260204-707808-jpg_3060194En plein coeur de Limoges, une armée d’archéologues s’active dans un décor lunaire constitué d’entrelacs de murs ocre et jaune, des fouilles inédites sur près de 1.500 m2 où ils exhument une à une les traces du rayonnement exceptionnel de la ville au Haut Moyen-Age.

Sur cette place centrale de Limoges, « nous sommes au coeur historique de la capitale régionale, sur le site de la grande abbaye Saint-Martial, du nom du premier évêque et saint patron de la ville« , explique Xavier Lhermite, chef du chantier porté par le cabinet Éveha.

Depuis juillet, les fouilleurs se relaient par équipes de quinze sur un site considéré comme majeur par nombre de médiévistes et qui sera exceptionnellement ouvert au public le 19 septembre dans le cadre des Journées du patrimoine.

« Il faut imaginer que cette ville, entre les IXe et XIIe siècles, a rayonné bien plus en matière artistique, culturelle, commerciale et intellectuelle que les grandes métropoles actuelles comme Paris« , souligne Xavier Lhermite, qui se félicite d’une « surface énorme » pour une fouille urbaine avec « un état de conservation exceptionnel« .

L’érection de l’abbaye Saint-Martial débute en 848 sur le tombeau du saint du même nom et sur les restes d’une église primitive. Le chantier reçoit l’appui de Charles le Chauve, petit fils de Charlemagne et futur empereur d’Occident. C’est là qu’il fera sacrer son fils roi d’Aquitaine, « faisant de Limoges, pour toute la durée du règne des Carolingiens, un site politique de premier plan », rappelle M. Lhermite.

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– Moines copistes et musique polyphonique –

L’abbaye draine « les plus grands cerveaux » de l’époque. « L’église dispose d’un important scriptorium avec des moines copistes dont on sait qu’ils sont particulièrement prolixes« , précise-t-il.

« Elle est aussi aux avant-postes de l’innovation musicale : c’est ici que sera inventée la musique polyphonique, dès le XIe siècle. Une compétence qui passera au profane, donnant le meilleur de la création troubadouresque en Occitanie! », s’enthousiasme le chercheur.

« Notre théorie, selon laquelle elle était en pointe en matière d’innovation architecturale, est tout à fait plausible », assure-t-il encore. Une hypothèse confirmée par les premières semaines de fouilles qui ont révélé « des fondations impeccables« , avec un soin particulier apporté aux parements et aux joints.

Parallèlement, l’abbaye attire très tôt quantité de pèlerins et favorise l’émergence d’une activité économique intense. En 1017, un mouvement de foule, rapporté par les chroniques et au cours duquel cinquante pèlerins auraient perdu la vie, pousse le clergé à lancer un nouveau chantier, plus grand et plus fastueux.

La construction sera achevée en 1028 et le bâtiment remanié tout au long du XIe siècle: « Limoges est déjà un centre majeur, le clergé y étend son pouvoir et veut le plus beau.« 

« Tout le monde scientifique a entendu parler de l’Église du Sauveur« , qui faisait partie de cet ensemble, assure l’archéologue. « D’après les sources, elle comportait une église à tribune, ce qui était très coûteux, extrêmement technique et très ambitieux pour l’époque », rappelle l’archéologue.

La fouille en cours dans ce secteur a déjà mis en évidence « un chevet à déambulatoire et des chapelles rayonnantes » qui font du site « un des premiers exemples aboutis du XIe« .

« Nous avons aussi trouvé deux niches en forme de croix à la croisée du transept, or cette typologie singulière n’a jamais été répertoriée ailleurs à ma connaissance« , précise Xavier Lhermite, qui y voit une « opportunité de reposer les questions les plus fondamentales de la connaissance de l’art roman ».

« Cette fouille prometteuse » pourrait « révolutionner notre connaissance de l’histoire des Beaux Arts du fait de la précocité du site« , estime le chercheur. Pour lui, l’abbaye Saint-Martial se placerait alors sur le même plan que des sites comme Conques (Aveyron), Saint-Jacques de Compostelle (Espagne) et Toulouse.

La campagne de fouilles sera suspendue en octobre, avant de reprendre en mars prochain. A terme, la municipalité, qui soutient le chantier, envisage de valoriser ces vestiges dans son projet de rénovation.

17/09/2015 14:19:50 – Limoges (AFP) – Par Julie CARNIS – © 2015 AFP

http://www.lepoint.fr/culture/patrimoine-quand-limoges-rayonnait-sur-le-haut-moyen-age-europeen-17-09-2015-1965634_3.php

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