Le Basilic en héraldique.

BASILIC. Est le symbole du calomniateur. (Voir article Dragon).

« Le Basilic, dit Dom Calmet, est une sorte de serpent, qui tue par ses regards. Son nom de basilicus, ou regulus, c’est-à-dire petit roi, montre qu’il est considéré comme le roi des serpents. Galien dit qu’il est jaunâtre, ayant la tête munie de trois petites éminences, marquetées de taches blanchâtres, qui lui font paraître une espèce de couronne. Elien assure qu’il n’a pas plus d’une palme, ou quatre doigts de long (Aetius et Pline lui donnent trois palmes et douze doigts) et que son venin est si pénétrant, qu’il fait mourir les plus grands serpents par sa seule vapeur. Il tue ceux dont il a mordu l’extrémité du bâton. Il chasse tous les serpents par le bruit de son sifflement.

« Mais, malgré tout cela les naturalistes modernes soutiennent que le Basilic est un serpent fabuleux. Galien lui-même avoue qu’il n’en a jamais vu : et comment en verrait-on, puisque sa vue est mortelle et qu’on ne peut pas même en approcher ? Cependant, à entendre les anciens, qui nous en font des descriptions, on dirait qu’ils en ont nourri et examiné à loisir et très curieusement ; mais le peu d’uniformité qu’il y a entre ces écrivains sur cet article est une raison qui nous rend leur témoignage fort suspect. Enfin les effets qu’on attribue au venin, au sifflement, au souffle, à la présence, à la piqûre de ce serpent sont si extraordinaires, que, par là même, ils deviennent incroyables.

Ceux qui l’ont représenté comme un jeune coq n’avaient apparemment pas lu les Anciens, qui lui donnent tous la forme d’un serpent oblong ; ils ont suivi des bruits incertains et populaires, qui veulent que le Basilic naisse de l’oeuf d’un vieux coq. Mais des personnes habiles, que nous avons consultées, nous ont appris que ces prétendus Basilics que l’on montrait dans quelques boutiques d’apothicaires, n’étaient autres que de petites races, à qui l’on donnait par artifice une forme approchante d’un jeune coq, en leur étendant les ailes, et leur formant une tête, avec des yeux postiches ; et c’est en effet ce qui est aisé à remarquer quand on est prévenu, et qu’on examine la chose de près.

La ruse des apothicaires, au xviie siècle, trouve son explication dans la permanence des anciennes idées, qui tenaient le Basilic pour oiseau, ou plutôt pour serpent et oiseau tout à la fois. C’est sous cette dernière forme que nous le montrent les Évangiles de l’empereur Lothaire, jadis gardés à Metz et probablement écrits au monastère de Saint-Martin de Tours. Parmi les monuments postérieurs, un des exemples les mieux caractérisés se voit dans la grande bible de Limoges, formant atlas, n° 8 : la tête du monstre biforme est celle d’un oiseau de proie.

Il paraît qu’après le moyen-âge, les Allemands employèrent le Basilic purement oiseau comme ornement, s’il est vrai qu’on le rencontre, avec la date de 1509, sur une armure d’Henri viii d’Angleterre, conservée à la tour de Londres. Ce sont des espèces de coqs à crête rayonnante, au bec droit, mêlés dans les feuillages, et notre seule autorité pour les appeler Basilics est la description de cette armure allemande par M. Meyrick qui les nomme ainsi. En Angleterre, on donne encore le nom de coquatrix au Basilic héraldique représenté sous la forme d’un dragon ailé, ayant la tête d’un coq. C’est ainsi qu’il a été adopté sur le continent. (Bulletin du Comité de la Langue, de l’Histoire et des Arts de la France, t. iv, 1857).

d’après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason

Comte Alphonse O’Kelly de Galway — Bergerac, 1901

Essai symbolique

Un Basilic sur champ de gueules symboliserait la calomnie confondue.

d’après le Manuel héraldique ou Clef de l’art du blason » (Avertissement)

par L. Foulques-Delanos, Limoges, oct. 1816

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/b/basilic.htm`

*  *  *

Le château de Bournand (86120)  et la légende du Basilic

Représentation d’un Basilic

Mais où est le Basilic ? Nous ne parlons pas ici de la plante, mais bel et bien de l’animal légendaire qui symbolise aujourd’hui la commune de Bournand dans le département de la Vienne en Nouvelle-Aquitaine.

Au XIVème, alors que la région est traumatisée par la guerre de Cent Ans, les habitants du village de Loudun sont terrorisés par une bête maléfique, appelée le Basilic.

Monstre au regard de feu, à la tête de coq et au corps de serpent, il attaque et tue sans relâche les Loudunais.

Un soir alors que Robin de La Haye, seigneur de Bournand, rentre à son château, il croise le Basilic.

http://commune-bournand.fr/lieux-historiques/

Après un combat acharné et impitoyable, le monstre s’effondre enfin au petit matin. C’est sous un dolmen du village d’Epennes (86120-Bournand) , toujours visible aujourd’hui, que la bête a été enterrée.

Depuis, le Château de Bournand, ancien château fortifié, a été transformé au fil des années en une demeure familiale pleine de caractère et d’authenticité. Il en reste une belle cave voûtée et l’ancien logis seigneurial.
Construit en tuffeau, pierre typique du Val de Loire, le château est bâti autour d’une cour carrée, dans un parc autrefois ouvert au public, mais aujourd’hui privé afin d’en préserver le calme pour les hôtes.

https://www.jaimemonpatrimoine.fr/fr/module/81/1590/le-chateau-de-bournand-et-la-legende-du-basilic?utm_source=J%27aime+mon+patrimoine&utm_campaign=6f87d5fe60-EMAIL_CAMPAIGN_2019_01_14_11_14_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_b7fe4e5842-6f87d5fe60-171636861

Voir aussi : https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/bournand/bournand-et-la-riche-histoire-de-ses-monuments

 

 

 

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